Daniel Buren : Le grand losange, travail in situ

Daniel Buren : Le grand losange, travail in situ 

L’exposition de Daniel Buren à la galerie Aveline nous  montre deux facettes de son travail : la première est un rappel (avec la façade du bâtiment) de son projet Monumenta en 2012 au grand palais de Paris, et enfin la deuxième est centrée sur ses peintures rayées. Le Projet Monumenta consistait à jouer sur la couleur de la lumière et les formes dans un espace donné et le tout basé sur la notion de travail « in situ », c’est-à-dire qu’il voulait que ce soit l’œuvre de l’artiste qui transforme le lieu. Cependant, ici, c’est son travail sur des peintures acryliques qui a été mis en avant dans la somptueuse galerie Aveline.

Le grand losange, travail in situ

Dans  « Le grand losange, travail in situ »,  inaugurée le 10 octobre 2016, la galerie Aveline a réussi à mettre en évidence le travail de cet artiste qui consiste à établir des dispositifs visuels dans un environnement pour le révéler.

Dès l’entrée de la galerie, nous pouvons admirer une partie de son talent : L’œuvre « in situ » de Buren est parfaitement visible à l’entrée de la galerie, inspirée donc par son projet Monumenta en 2012 au Grand Palais de Paris. L’artiste sait parfaitement jouer de la lumière avec une harmonie de couleurs qui, selon beaucoup de personnes, ne pourraient pas être mélangées.

Dans les magnifiques salons de Jean-Marie Rossi, nous pouvons admirer les œuvres de Daniel Buren en les contemplant dès l’entrée. Superposé au-dessus de meubles anciens, son travail est démarqué du lieu dans lequel il se trouve et correspond parfaitement à l’idée de mettre en avant l’espace à travers l’œuvre.

Il peut-être choquant de trouver des peintures rayées acryliques modernes dans des salons d’époque, cependant cela crée l’effet inverse. Le lieu est sublimé, et c’est avec intérêt que nous nous penchons sur la base même du travail de l’artiste qui s’appuie sur le fait que l’art ne possède pas de limites dans son espace donné.

 

L’artiste :

L’artiste Daniel Buren, peintre et sculpteur français, naît à Boulogne-Billancourt le 25 mars 1938. Connu pour son travail « in situ », il met en place une œuvre pour souligner un lieu dans un contexte donné. Ses outils dépassent les limites avec l’utilisation de l’espace, des couleurs, de l’architecture mais aussi de la perception du spectateur. Daniel Buren nous propose un art qui met en relation direct la personne et le lieu.

Buren entre, en septembre 1958, à l’École des métiers d’arts où il étudie la peinture et la décoration en général. Ce n’est que quelques années plus tard qu’il se crée son propre style concentré sur des tissus rayés.

Daniel Buren a commencé par peindre lui-même ses peintures rayées, cependant la difficulté de les rendre les plus droites possibles était trop conséquente. C’est pourquoi il a commencé à ajouter la peinture sur des tissus déjà rayés. Depuis cette découverte son travail s’est toujours concentré sur les bandes verticales alternées blanches et de couleurs, d’une largeur qui ne varie jamais (8,7 cm). Pourquoi ces bandes ? Que représentent-elles ? « Il est inconcevable, selon Daniel Buren, de toujours associer art et signification ». Sa façon de penser se caractérise principalement par le fait qu’il ne crée pas pour représenter ou signifier quelque chose. Dans ce cas précis, Buren travail sur une œuvre dans le but de changer un lieu, de le modifier par l’art, de donner lui donner une nouvelle perception.

Le lieu :

Aveline est une galerie d’art peu commune. Dirigée par Jean-Marie Rossi, antiquaire connu à Paris, elle montre une certaine originalité lors de ses expositions. Cette entreprise familiale est installée au 94 rue faubourg Saint-Honoré dans un espace impressionnant. Grand antiquaire de nature, Jean-Marie Rossi a décidé de créer une galerie avec des expositions placées en salon. C’est ainsi que nous pouvons admirer le travail d’un artiste dans un contexte donné.

 

Exposition jusqu’au 11 janvier 2017

Galerie Aveline
94 rue Faubourg
75008 Paris
Du lundi au samedi de 10 h à 19 h

Sophia Belal – Etudiante en bachelor médiation culturelle, école IESA
Photos : Véronique Grange-Spahis

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