El Acompañante

El Acompañante, un film de Pavel Giroud

Au-delà même de l’histoire très forte du film, ce qui marque le plus lorsque le film commence, ce sont les images (d’Ernesto Calzado) d’une beauté époustouflante, et ce, que ce soient dans les paysages, les scènes de vie, les personnages…

Les personnages, parlons-en. Des hommes qui ne se seraient jamais rencontrés si ce n’était ce contexte très particulier.
Un soldat, un boxeur
Un blanc, un noir
Un homme séropositif et un autre « sain ». Sain ? si ce n’est que sportif de haut niveau, boxeur, Horacio Romero a été accusé de dopage.
Sa punition est donc de devenir l’accompagnateur de Daniel, un jeune soldat qui a contracté le SIDA lors d’une mission en Afrique.

Nous sommes en 1986 à Cuba.

«Dans les années 80 à Cuba, on enfermait les malades du SIDA dans un Sanatorium géré par des militaires. Les patients ne pouvaient en sortir qu’une fois par semaine, surveillés par un accompagnant. Mon film raconte l’histoire de l’un d’entre eux, un boxeur célèbre sanctionné pour dopage et obligé de travailler comme l’accompagnant du patient le plus conflictuel ». Pavel Giroud

Horacio, devenu l’ombre de Daniel, dormant dans la même chambre, partageant ses repas avec lui et les autres patients, l’accompagnant partout, sommé de noter ses moindres faits et gestes et les remonter au docteur…

Horacio, contraint de partager le quotidien des malades, et qui découvre peu à peu ce qu’est réellement la maladie – tellement peur d’être contaminé, par ignorance, et portant des gants – et surtout ceux qui en sont atteints.

Mais tout ne se passe pas forcément tel que devrait. Ces deux hommes vont s’apprivoiser mutuellement puis s’entraider. L’accompagnant est ce vraiment Horacio ? ou Daniel…

Je ne dévoilerai pas ici toute l’histoire du film. Comme moi, laissez-vous porter par ce moment, ces échanges, ces instantanées de vie. L’émotion est forte !

El Acompañante se veut un film humain et sensible et, en même temps, il dévoile des contradictions majeures de la société cubaine. C’est ce mélange, ce genre de cinéma, qui me donne envie d’être cinéaste. Pavel Giroud

Tous les acteurs sont remarquables, dont les deux principaux :

Yotuel Romero, qui interprète l’accompagnant, est connu en France pour avoir incarné Pavel dans la série « Un, dos, tres »  longtemps diffusée sur M6. C’est aussi un célèbre chanteur du groupe de rap cubain ORISHAS initié par Sergent Garcia.  Au cinéma, il a participé aux films Bad Boys II de Michael Bay (2003), Perfecto amor equivocado de Gerardo Chijona (2004) et Le Bal de la Saint-Jean de Francisco Athié (2010).

Armando Miguel Gomez, qui interprète Daniel est un des acteurs cubains les plus prometteurs de sa génération. Formé au théâtre et à la télévision, il joue son premier rôle au cinéma dans  Melaza de Carlos Lechuga (2012), puis Chala, une enfance cubaine d’Ernesto Daranas (2014).

Du réalisateur, Pavel Giroud, ce film est son cinquième long-métrage, mais le premier à connaître une sortie française :

Quand on me demandait de quoi allait parler mon prochain film, (…) tous ceux qui connaissent Cuba me disaient : « tu es fou, on ne parle pas de ça dans ton pays ». Avec le temps, j’ai compris qu’il y avait du vrai dans ces commentaires.

Ce film a déjà été plusieurs fois primé :

Le scénario d’El Acompañante a été récompensé par le Prix SGAE Julio Alejandro, le prix Cinergia du festival de Göteborg et le prix du meilleur Pitch au festival de San Sebastián.

El Acompañante a remporté le Prix du Public au Miami Film Festival, le Prix du Public au Malaga Film Festival ainsi que les Prix CCAS et Prix du Public à Cinélatino, Rencontres de Toulouse en mars 2016.

Sortie nationale en France le 17 août 2016

 

 

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