Les vases d’Alexandre Benjamin Navet à l’Assemblée Nationale

Découvrir l’Assemblée nationale par des vases totems aux couleurs chatoyantes, tel est le but de la collaboration avec Alexandre Benjamin Navet et la galerie Derouillon.

Connu pour ses œuvres à la dimension théâtrale et aux couleurs solaires, Alexandre Benjamin Navet ne cesse d’exposer dans des lieux bien connus tel que lors du Saut Hermès au Grand Palais, l’Hôtel des Arts ou l’hôtel du Crillon. Ce mardi 4 avril, l’artiste a franchi une nouvelle étape : occuper l’espace du palais Bourbon de ses œuvres d’art. Ses œuvres sont réparties dans la Cour d’Honneur et dans le Jardin des Quatre Colonnes.

Pour la Présidente Yaël Braun Pivet, cette exposition est un moyen de faire « franchir les portes » de l’Assemblée aux citoyens, permettant de repenser la relation grand public et politique.  Elle souligne dans son discours d’inauguration que ces œuvres rendent la Cour d’Honneur, si « austère » et « morose » d’habitude, « chatoyante » et habitée d’une « féerie de couleurs vives ». C’est d’ailleurs la première carte blanche donnée à un artiste, mais elle ne sera sûrement pas la dernière, la Présidente partageant le fait que même le salon des Stucs de l’hôtel de Lassay ait été réaménagé pour en faire l’atelier personnel de Benjamin Alexandre Navet. Ainsi, l’artiste a pu non seulement créer de toutes pièces ses vases totems mais il a aussi pu repeindre les bancs extérieurs de l’Assemblée.

L’artiste très ému, débute son discours en remerciant tous ceux qui ont rendu possible cette collaboration. Il témoigne de la liberté qu’il a eue lors de la création et le choix de l’emplacement de ses œuvres et nous invite à déambuler pour les découvrir.

Nous découvrons tout d’abord trois vases aux couleurs vives, solennelles dans la Cour d’Honneur. Tirant leur origine de petites pièces créées en collaboration avec l’ami de l’artiste, Rémi Bracquemond, elles gardent un côté très organique car on voit les traits de pastel à l’huile, tracés par l’artiste et imperméabilisés par un spray. Les vases intriguent par leur composition, car ils ne semblent ni faits de céramique, ni de béton. Ces derniers sont actuellement faits d’un mélange de polyester rigide monté sur une structure de base en briques, tenant en place grâce à une tige en fer. Ce mélange de polyester est poli et modelé avant que l’artiste ne lui appose une patine blanche et le colorie de ses pastels. Les pièces ne sont pas créées en un bloc, mais individuellement avant d’être superposées sur la tige en acier.

On découvre deux autres de ces vases totems dans le charmant Jardin des Quatre Colonnes, connu pour son buste de Simone Veil. Véritable écrin de nature en plein éveil vernal, on s’amuse à retrouver les pièces d’Alexandre Benjamin Navet dissimilées de gauche à droite. C’est d’ailleurs ce que souhaite l’artiste, que ses pièces soient une raison à la déambulation et à la découverte des lieux. Les couleurs ont été choisies avec attention pour faciliter l’intégration et l’harmonie des pièces. Pour honorer un si beau lieu, l’artiste a utilisé son motif fétiche, le vase et on peut voir sur son visage une émotion forte et un grand sourire que c’est un succès.  Et c’est compréhensible, car l’atmosphère enchanteresse couplée aux bancs si accueillants nos donne envie de faire tels les romantiques du 19ème, se poser à l’ombre des arbres et se laisser porter par la poésie du moment.