Je ne suis pas un salaud

***** Tout comme Adèle Exarchopoulos, Nicolas Duvauchelle possède le magnétisme des anges déchus. Beau comme un chat blessé dont on ne sait s’il va griffer ou se laisser soigner, cet acteur a décidément un talent immense qui rappelle tout autant James Dean que Patrick Dewaere. Et le rôle de ce bad boy qui n’en est pas un lui va à merveille.
L’issue est fatale, on le sent dès le début d’un film dont le titre constituait en soi un indice.

Vous croyez qu’on peut s’en sortir quand tout est contre vous, quand vous avez envoyé chier celle qui vous aimait et vous montrait la lumière, quand vous ne savez pas qui vous êtes et ce que vous foutez sur cette Terre ? Et bien non. La vie sera salope au point de vous laisser revenir à vous, remonter la pente, pour que la (re)chute soit plus lourde encore.

Le tandem Duvauchelle/Thierry fonctionne à merveille, frottant deux tristesses dont le feu brille dans leurs yeux comme ceux d’enfants sacrifiés. Le calice devra être bu jusqu’à la lie. Un drame, un vrai qui fait bien mal quand tu te le prends dans la gueule, quand tu crois que l’amour sauvera tout mais… non.
Beaucoup de jeux de transparence, de focus montrent merveilleusement le trouble psychologique du personnage central dans une réalisation sharp, juste parfaite.

David Fargier aka Vents d’Orage

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