Jaouad Bentama, l’art de sublimer les cicatrices

Entre Paris et New York, Jaouad Bentama incarne l’artiste de la résilience, celui qui transforme la blessure en œuvre d’art. Franco-américain d’origine marocaine, il grandit à la Porte de Saint- Ouen, dans l’effervescence des Puces de Clignancourt, où son père chiffonnier lui transmet le goût des objets et des histoires qu’ils portent. C’est là que naît son premier contact avec l’art, entre les toiles de Klee et de Kandinsky croisées sur les étals. Autodidacte, il apprend seul, se forgeant une culture visuelle en marge des circuits académiques, avant de s’envoler, à la trentaine, pour New York, ville-monde où il trouve sa voie.

Là-bas, il vit une période de bohème, vend ses dessins dans la rue et découvre sa véritable vocation : raconter la fragilité humaine. Ses premières œuvres – notamment ses célèbres peluches Mickey ensevelies sous la peinture – l’imposent sur la scène contemporaine comme un artiste du détournement et de la mémoire, où l’enfance sert de miroir à la société.

Mais en 2021, sa trajectoire se brise : victime d’un grave accident de scooter à Tulum, Jaouad Bentama sombre dans le coma. Il en ressort mutilé, mais profondément transformé. « Je suis né deux fois : une première dans la vie, une seconde dans la douleur », confie-t-il. De cette renaissance naît une nouvelle écriture plastique, marquée par la cicatrice – symbole à la fois de rupture et de guérison.

Dans son atelier, le geste devient un rituel de reconstruction. L’artiste déchire, recoud, suture la toile comme une peau blessée. Ciseaux, fils, pansements, pigments deviennent les instruments d’un art chirurgical et poétique. « Je ne cherche plus à représenter le monde, mais à le réparer », dit-il. Ses toiles, traversées de marques et de coutures, incarnent cette tension entre douleur et lumière, perte et renaissance.

À l’automne 2025, le Royal Monceau – Raffles Paris a présenté une série inédite née de cette métamorphose, dans le cadre d’Art Basel Paris. Cette exposition, centrée sur le thème des cicatrices physiques et psychiques, proposait une immersion bouleversante dans un univers où l’art devient acte de soin. Les toiles de Jaouad Bentama y semblaient respirer, entre apaisement et tension, comme des fragments d’âme recousus.

Aujourd’hui, exposé à l’international, Jaouad Bentama poursuit une démarche intime et universelle, où la vulnérabilité devient une forme de puissance. « L’art doit parler à tous, quelles que soient nos histoires. La sensibilité n’est pas une faiblesse, mais une force », rappelle-t-il. Un message qui, à travers la beauté de ses cicatrices, continue de résonner bien au-delà des murs de l’atelier.

Au cœur du 8ᵉ arrondissement, le Royal Monceau – Raffles Paris s’est imposé comme l’un des palaces les plus artistiques de la capitale. Plus qu’un lieu d’hospitalité, c’est un véritable espace de création où l’art contemporain dialogue avec le raffinement à la française.

Au-delà de l’exposition, le Royal Monceau poursuit sa mission : être un acteur culturel à part entière, un lieu où collectionneurs, amateurs et artistes se croisent. Une philosophie qui fait du palace bien plus qu’un hôtel de luxe – un refuge pour les émotions et la créativité.

Elena Sokhoshko

Royal Monceau – Raffles Paris, 37 avenue Hoche, 75008 Paris https://www.leroyalmonceau.com

Jaoud Bentama https://www.jaouadbentama.com https://www.instagram.com/jaouad.bentama