L’art et l’argent : pourquoi investir dans la beauté reste le placement le plus sûr

Longtemps cantonné à la sphère du sensible, l’art est aujourd’hui l’un des placements les plus solides et les plus paradoxaux de notre économie. Inutile, improductif, non essentiel — et pourtant, jamais démenti par l’histoire. Depuis plus d’un siècle, le marché de l’art traverse les crises, les guerres, les krachs et les révolutions financières sans jamais s’effondrer. Comme l’or, il résiste. Mieux : il prospère.

Dans L’art et le fric, Pascal Naulet-Pallard défend une thèse à la fois provocante et pragmatique : acheter de l’art, c’est conjuguer plaisir, intelligence et rendement. Loin des discours élitistes ou des fantasmes spéculatifs, il propose une lecture lucide et concrète du marché de l’art, fondée sur l’expérience, l’observation et le bon sens.

Acheter de l’art : une passion avant tout

Tout commence par une rencontre. Un tableau, un dessin, une œuvre qui “tape dans l’œil”. L’achat d’art n’est jamais purement rationnel. Il relève d’un coup de cœur, d’un désir, parfois même d’une histoire personnelle. Mais cette dimension émotionnelle n’exclut pas la raison. Bien au contraire : elle la nourrit.

Contrairement à d’autres investissements, l’art ne disparaît jamais totalement. Une start-up peut faire faillite, une action peut s’effondrer, une cryptomonnaie peut devenir sans valeur. Une œuvre, elle, demeure. Même si sa cote stagne, elle reste un objet aimé, exposé, transmis. Et parfois, le temps — ou la disparition de l’artiste — transforme un pari modeste en succès éclatant.

L’un des grands pièges du marché contemporain réside dans la confusion entre visibilité et valeur. Artistes “à la mode”, œuvres surcotées, marketing agressif : tout ce qui brille n’est pas durable. Le livre met en garde contre les emballements artificiels, les faux génies et les impostures conceptuelles.

À l’inverse, il rappelle une règle essentielle : regarder avant d’acheter. Se faire un œil, fréquenter les musées, les galeries, les salons. Comprendre les techniques, les périodes, les ruptures esthétiques. L’art impressionniste et moderne — de Monet à Picasso, de Léger à Modigliani — reste, à ce titre, une valeur refuge incontestable. Ces œuvres ont structuré le marché mondial et continuent d’en fixer les records.

L’art comme actif patrimonial

Au-delà du plaisir, l’art est aussi un outil patrimonial d’une efficacité redoutable. Fiscalité allégée, transmission facilitée, absence d’IFI, mobilité internationale, capacité à servir de garantie bancaire : peu d’actifs cumulent autant d’avantages.

Une œuvre peut être prêtée à un musée, exposée, reproduite, générer des droits, renforcer une cote sans jamais être vendue. Elle peut aussi devenir un levier financier, un gage, voire un instrument stratégique dans la gestion d’un patrimoine privé ou professionnel. Loin d’être figé, l’art circule, travaille et produit.

La revente est souvent mal anticipée. Enchères mal ciblées, estimations irréalistes, œuvres “ravalées” : les erreurs peuvent coûter cher. Là encore, l’expérience prime. Galerie spécialisée, marchand d’art aguerri, stratégie discrète ou publique : chaque œuvre appelle son canal.

Le marchand d’art, figure centrale mais souvent méconnue, apparaît comme le professionnel le plus polyvalent : acheteur, négociateur, curateur, médiateur. Son œil, forgé par le temps, reste l’un des meilleurs filtres contre les faux, les illusions et les mauvaises affaires.

Dans son essai Pascal Naulet Pallard ne propose pas une recette miracle, mais une philosophie : investir avec intelligence sans renoncer au plaisir. L’art rappelle une évidence oubliée : la valeur peut être visible, sensible, accrochée à un mur.

Acheter une œuvre, c’est parier sur le temps, sur la culture, sur la transmission. C’est aussi affirmer qu’un placement peut être beau, inutile au sens utilitaire, et pourtant profondément rentable. Comme le résumait Andy Warhol : « Gagner de l’argent est un art… et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit. »

L’auteur

Pascal Naulet-Pallard commence sa carrière comme styliste-modéliste avant de s’orienter vers l’immobilier, où il exerce comme promoteur et marchand de biens. Après un séjour au Japon à l’âge de 30 ans, il se tourne vers le courtage d’œuvres d’art, reliant des banques japonaises à des collectionneurs français.

Passionné d’histoire de l’art, il suit parallèlement l’enseignement d’un professeur de l’École du Louvre, se spécialisant dans la Renaissance italienne, notamment Le Caravage, ainsi que dans l’impressionnisme et le post-impressionnisme.

Depuis 2000, il est membre de l’Institut Modigliani. Curateur d’expositions internationales et conseiller pour des collections privées, il publie aujourd’hui son premier essai, L’art et le fric, consacré à la constitution et à la valorisation de collections d’art.

L’art et le fric. Monet is Money de Pascal Naulet-Pallard

Préface de Véronique Grange-Spahis

Editions du Panthéon – date de parution 13 janvier 2026 – 56 pages – 11,50 €