Le soundpainting s’invite au conservatoire d’Orléans

Pour l’année 2025-2026, le conservatoire d’Orléans a proposé une série de plusieurs ateliers de soundpainting à ses élèves. À l’issue de ces ateliers, ils se produiront dans un concert de restitution à la salle de l’Institut le samedi 31 janvier 2026.

Un nouveau langage

Simon Couratier, ancien élève du conservatoire d’Orléans, soundpainter et membre du groupe Point Atonik où il fait du soundpainting, a été invité par le conservatoire d’Orléans pour animer des ateliers de soundpainting. Les sessions de découverte et de pratique du soundpainting sont, pour les élèves, l’occasion d’apprendre un nouveau langage et son histoire. Le soundpainting a été élaboré par Walter Thompson en 1974 et consiste en un répertoire de plus de 1500 signes qui permettent de composer une pièce artistique en temps réel. C’est une pratique qui peut s’appliquer à plusieurs domaines de l’art comme la musique, le théâtre, la danse, ou encore les arts plastiques. Dans le cadre du soundpainting, le chef d’orchestre, appelé soundpainter, dirige la création de la pièce telle qu’il se l’imagine, tout en composant avec les propositions du groupe qu’il dirige.

Les ateliers de soundpainting ont été répartis sur quatre samedis entre le 15 novembre et le 24 janvier. Ils s’achèveront le 31 janvier avec une dernière répétition et un concert de restitution. Ces ateliers réunissent plusieurs élèves du conservatoire qui sont issus des départements de musique et de théâtre. Cela donne naissance à un ensemble composite avec des instruments à vent, à corde, des percussions et des comédiens.

Lors des deux premières sessions, instrumentistes et comédiens ont été séparés pour apprendre des signes qui sont plus spécifiques à leurs disciplines. Les comédiens ont davantage expérimenté les signes liés au mouvement et à la parole même si les musiciens aussi sont invités à s’y essayer. De leur côté, les musiciens ont appris des signes signalant la note à jouer ou d’autres indiquant s’il faut baisser ou monter la hauteur de la note de départ. Malgré quelques différences entre musique et théâtre, de nombreux signes peuvent être utilisés pour les deux disciplines. C’est le cas pour les variations de volume et de vitesse, ou encore pour l’improvisation et la synchronisation avec l’action vocale ou gestuelle qu’un autre membre du groupe est en train de produire.

Les « palettes »

Les deux sessions suivantes se sont faites avec musiciens et comédiens, et elles ont servi à l’élaboration d’une trame pour la restitution du 31 janvier. Au soundpainting plus improvisé des deux premières sessions se sont ajoutées des « palettes ». Ce sont des morceaux de texte et de la musique écrite préalablement appris qui sont lancés par des signes de soundpainting au cours de la performance. Les comédiens ont proposé des textes issus de la pièce Hamlet de Shakespeare où nous retrouvons le célèbre « être ou ne pas être » ; et les « palettes » des musiciens ont été écrites par Simon Couratier.

Le travail des deux dernières séances de soundpainting a permis d’essayer différentes idées pour permettre à Shakespeare et à la musique écrite de cohabiter dans une même pièce. Elles ont aussi été l’occasion de répéter en intégralité l’enchaînement des différents moments de la pièce de soundpainting telle qu’elle sera jouée le jour du concert.

Le soundpainting comme ouverture

À la différence des ensembles de jazz ou des orchestres, le soundpainting n’est pas encore une pratique qu’on retrouve de manière permanente dans tous les conservatoires. C’est un langage récent et encore mal connu. Le soundpainting est donc présenté aux élèves des conservatoires dans le cadre d’ateliers plus ponctuels comme celui qui a été proposé par le conservatoire d’Orléans. Le projet a été initié par un collectif de professeurs réunissant Francis Lecointe, Nicolas Burgevin, Jérôme Damien et Sophie-Leila Vadrot, et a vu le jour grâce au soutien de la direction du conservatoire qui a permis le financement des séances qui ont eu lieu avec Simon Couratier.

Les ateliers de soundpainting étaient l’occasion de permettre la rencontre entre des disciplines qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer. C’est une démarche qui est déjà initiée depuis près de trois ans avec un atelier transversal réunissant comédiens et musiciens au conservatoire d’Orléans. Le soundpainting est aussi un moyen de travailler davantage sur l’oralité, plutôt que sur des partitions ou des textes déjà entièrement composés. L’apprentissage du langage propre au soundpainting apporte une ouverture pour les élèves du conservatoire tout en leur permettant de se familiariser avec une nouvelle manière de jouer ensemble.

Salomé Raucoule

Concert de soundpainting le 31/01/2026 à 16h (entrée libre)

Salle de l’Institut – 4 Place Sainte-Croix, 45 000 Orléans