Les Européens de Cartier-Bresson

Pour inaugurer cette nouvelle année, la Fondation Henri Cartier-Bresson présente pour la première fois dans ses murs Les Européens, une série emblématique du photographe éponyme du lieu.

Les clichés ont été réalisés en Allemagne, en Italie, en Grèce, en Suisse et en France, initialement pour des commandes de presse.
Mais le projet se distingue des pratiques courantes de l’époque. Alors qu’il était d’usage de réaliser des livres de paysages, Cartier-Bresson choisit de dresser le portrait des Européens au sens littéral du terme. Par ces images, il ne cherche pas à montrer les territoires de l’Europe, mais ses habitants. Dans un contexte de guerre froide, la mémoire des conflits encore vive se lit dans les regards, les gestes et les habitudes quotidiennes, conférant aux photographies une lecture et une texture uniques.

                                                           

Comme le précise le commissaire Clément Chéroux :

« Il a pour ambition de montrer ce qui fait la singularité de chacun des peuples de cette zone géographique, tout en mettant en évidence leur communauté. »

Une fois la série réalisée, Cartier-Bresson réunit ses clichés pour former un livre.
Proche du milieu surréaliste, il fait appel à Joan Miró pour concevoir sa couverture. Publié en 1955 aux éditions Verve, l’ouvrage mêle alors l’univers abstrait et coloré du peintre catalan au noir et blanc rigoureux et figuratif du photographe français. Ce contraste crée un équilibre subtil entre deux écritures artistiques, chacune renforçant les traits de l’autre.
À l’occasion de sa réédition, l’exposition présente certaines des images les plus célèbres de la série qui le compose, parmi lesquelles Paris, les provisions du dimanche, rue Mouffetard.

                                                         

Les Européens offre ainsi une expérience à la fois historique et sensible, dont un humour discret surgit dans un geste, un regard ou un détail. On quitte cette exposition avec la sensation d’avoir parcouru l’Europe d’après-guerre en ayant capté la singularité de ses communautés, autant que leur humanité partagée.

Manuella Sorin

Du 28 janvier au 3 mai 2026

Fondation Henri-Cartier Bresson, 79 rue des Archives, 75003 Paris

Du mardi au dimanche de 11h à 19h

https://www.henricartierbresson.org/