Dans le cadre de la Fashion Week 2026, la marque espagnole Cordera, investit l’Espace Niemeyer pour présenter sa collection Automne/hiver 2026. Ici, pas de défilé traditionnel. Les vêtements sont installés dans l’espace et on découvre au fur et à mesure la collection en circulant librement dans la salle.

Depuis sa création en 2008 par les sœurs Mónica et María, Cordera construit sa démarche autour d’une mode réfléchie. La marque accorde une place importante au choix des matières et au travail artisanal, avec l’idée de proposer des vêtements qui restent dans le temps plutôt que de suivre le rythme rapide des tendances.
À l’Espace Niemeyer, les vêtements sont présentés comme dans un intérieur. Certaines pièces reposent sur une chaise, d’autres sont suspendues à un portemanteau ou déposées sur un meuble. Cette mise en scène donne l’impression d’entrer dans une pièce habitée, comme si les vêtements venaient tout juste d’être laissés là.



La collection Automne/Hiver 2026 reste fidèle à l’esthétique de Cordera. Les silhouettes sont simples, avec des coupes droites et des volumes confortables. Le vestiaire se compose de broderies discrètes, de chaussures en cuir, de robes quadrillées, de manteaux enveloppants et de vestes aux lignes larges. Les matières jouent un rôle important dans la collection : on retrouve du cuir, de la laine de mérinos pour la chaleur, ainsi que des chemises plus fluides qui apportent de la légèreté aux silhouettes.
Certaines pièces proposent aussi différentes façons d’être portées. Des robes quadrillées peuvent par exemple se transformer en top, offrant plus de modularité dans le vestiaire. Les couleurs restent sobres, avec principalement du brun, du noir et du blanc, accompagnés de quelques touches de bleu ou de rouge. Cette palette simple renforce l’idée d’un vestiaire facile à porter et pensé pour durer.



Après la présentation des pièces dans l’espace, une projection permet de découvrir la collection autrement. Le court-métrage Remnants, réalisé par Alexis Gómez, met en scène une femme seule qui déambule dans les rues de Paris. Elle semble engagée dans une quête, guidée par un papier qu’elle lit et relit au fil de sa marche. Tout au long de son errance, elle répète inlassablement la même phrase, « what do you see », comme une question adressée à elle-même autant qu’au spectateur. Les silhouettes apparaissent en mouvement et permettent d’appréhender la collection différemment : les vêtements prennent vie à travers les gestes et les déplacements, révélant leurs proportions, leurs volumes et les différentes manières de les porter ou de les associer.
Peu à peu, ce parcours la conduit dans un appartement vide. Elle s’approche d’une fenêtre et observe l’extérieur, marquant un moment de pause dans sa déambulation. C’est à cet instant qu’elle répond enfin à la question qu’elle répétait depuis le début : « I see everything ».
Cynthia Bellanger,
