Lady Diana, l’éternelle insoumise éblouit au musée Grévin

Émotion au musée Grévin, lors du dévoilement de la magnifique statue de cire de Lady Diana qui a rejoint les étoiles du musée fin novembre 2025.

Née Diana Spencer en 1961 au sein de l’aristocratie britannique, Lady Diana entre dans l’histoire mondiale à seulement vingt ans, le jour où elle épouse le prince Charles, héritier du trône d’Angleterre. Propulsée sous les projecteurs, elle devient en quelques mois la femme la plus photographiée de la planète. Mais derrière les sourires figés et les contes de fées royaux, se cache une jeune femme sensible, en quête d’amour, étouffée par le protocole et prisonnière d’un mariage qui ne sera jamais heureux.

Très vite, Diana comprend que la monarchie n’est pas un refuge, mais une scène. Elle y apprend à survivre, puis à exister. En s’engageant pour les causes humanitaires, en serrant les mains que l’on ne voulait pas toucher, en parlant publiquement de ses blessures intimes, elle bouleverse l’image glacée de la famille royale. Elle devient “la princesse des cœurs”, non par stratégie, mais par sincérité. C’est cette femme-là — amoureuse, courageuse, profondément humaine — que le musée Grévin choisit d’introniser.

Une robe comme un manifeste

Il y a des robes qui relèvent de la couture, et d’autres qui entrent dans l’Histoire.
Dans la lumière feutrée de la plus belle galerie du musée Grévin, Lady Diana apparaît aujourd’hui figée dans l’éternité, plus vivante et déterminée que jamais, grâce au travail remarquable et d’une grande réalité du sculpteur Laurent Mallamaci. Face à la majestueuse Marie-Antoinette, une autre princesse est désormais présentée : moderne, vulnérable et libre.

La statue de cire représente Diana Spencer vêtue de la célèbre robe noire dite “de la revanche”, portée le 29 juin 1994, le soir même où le prince Charles – aujourd’hui roi Charles III – reconnaissait publiquement son adultère. Ce soir-là, le monde s’attendait à voir une femme brisée. Il a découvert une icône.

Créée par la styliste Christina Stambolian, cette robe noire, épaules dénudées, coupe audacieuse, transgressait tous les codes imposés à une princesse de Galles. Le noir, couleur du deuil, devenait soudain celui de l’affirmation. Le corps, longtemps corseté par l’étiquette royale, se libérait. Diana n’effaçait pas la douleur : elle la transformait.

Ce vêtement n’était ni une provocation gratuite, ni une vengeance tapageuse. C’était un geste intime devenu public, une réponse silencieuse mais éclatante à une humiliation mondiale. Une manière de dire : je souffre, mais je tiens debout.

Le courage d’aimer, le courage d’être soi

Lady Diana n’a jamais cessé d’être une femme amoureuse — de ses enfants, des autres, de la vie. Et c’est peut-être là que réside sa plus grande force. Elle a aimé sans armure, dans un monde qui exigeait la retenue et la froideur. Elle a osé montrer ses failles, parler de solitude, de dépression, de désirs d’indépendance.

Ce courage là, discret mais profond, traverse aujourd’hui la galerie du musée Grévin. La statue ne célèbre pas seulement une princesse tragique ; elle rend hommage à une femme qui a repris possession de son image, de son corps, de sa narration.

Deux reines, deux destins

Face à Marie-Antoinette, symbole d’un pouvoir figé et d’une époque révolue, Diana incarne une autre royauté : celle du cœur. L’une est tombée pour n’avoir pas compris son peuple ; l’autre a été aimée pour l’avoir écouté. Le dialogue silencieux entre ces deux figures féminines donne à la galerie une intensité rare, presque politique.

Une présence éternelle

En intronisant Lady Diana, le musée Grévin ne se contente pas d’ajouter une célébrité à son panthéon. Il consacre une mémoire collective. Celle d’une femme qui, un soir de juin, a transformé une rupture en renaissance. Et qui, des décennies plus tard, continue de nous rappeler qu’élégance et courage peuvent naître de la douleur.

Lady Diana n’est pas seulement une icône. Elle est un battement de cœur qui refuse de s’éteindre.

À faire en sortant de sa visite : se rendre dans une librairie pour acheter « Mademoiselle Spencer », le roman de Christine Orban (éditions Albin Michel – mars 2025).

Ida Taryep

Photo : © Ida Taryep

Musée Grévin, 10 boulevard Montmartre, 75009 Paris

Du lundi au vendredi : 10h00 – 18h00 / Samedi et dimanche (et jours fériés / vacances scolaires) : 9h30 – 19h00 / Dernière entrée : 1h avant la fermeture / Ouvert tous les jours de l’année, y compris les dimanches et jours fériés

www.grevin-paris.com