L’Art au corps à corps : Maunoury, Couffignal et Tranchant s’emparent de la Galerie Area

Depuis le 18 février 2026, la Galerie Area (Paris 10e) devient le théâtre d’une rencontre singulière entre trois trajectoires artistiques fortes. Sous les titres évocateurs de « De fluide en fluide », « Avant l’espace » et « Nuits pourfendues », l’exposition déploie un dialogue entre la matière brute, le geste instinctif et la quête de l’essentiel.

Christophe Maunoury : L’instinct de la déconstruction

Ancien étudiant en médecine, Christophe Maunoury a troqué le scalpel pour le pinceau, conservant toutefois une approche quasi organique de son support. Sa peinture est une affaire de tension. Explorant l’interaction entre le pigment et les diverses textures du papier, il livre une œuvre physique et spontanée.

Chez Maunoury, le geste est rapide, mais d’une précision chirurgicale. Son travail se distingue par une recherche permanente sur les processus déconstructifs, faisant de chaque toile le vestige d’une lutte créative où le fluide devient forme.

Guillaume Couffignal : La poésie de la fonte

Sculpteur et artiste-fondeur, Guillaume Couffignal possède cette rare maîtrise technique qui permet de s’effacer derrière l’œuvre. Dans sa série « Avant l’espace », il propose des visions sublimées : ses « bateaux » et ses « théâtres » ne sont pas des reproductions, mais des épures.

En allant à l’essentiel, Couffignal parvient à cet accord parfait entre la lourdeur du bronze et la légèreté de l’évocation. Ses sculptures marquent la rétine par leur dépouillement, offrant un silence visuel apaisant au milieu du tumulte urbain.

Benoît Tranchant : La lumière au bout du combat

Le parcours de Benoît Tranchant est celui d’une résilience. Autodidacte au passé de boxeur et de chauffeur-livreur, il a choisi la peinture comme terrain de lutte à l’âge de trente ans. Ses « Nuits pourfendues » témoignent de ce regard sombre, mais d’une infinie finesse, porté sur les objets du quotidien.

Après une phase d’apprentissage par l’abstraction, Tranchant saisit aujourd’hui la réalité avec une intensité dramatique. Ses œuvres captent l’instant où la lumière déchire l’obscurité, transformant le banal en une scène de théâtre intérieur.

Une exposition tripartie qui brille par sa cohérence thématique : ici, on ne triche pas avec la matière. Que ce soit par le bronze, le papier ou l’huile, ces trois artistes nous rappellent que l’art est avant tout une expérience sensorielle et physique.

Du 18 février au 21 mars 2026 (au 7 mars 2026 pour Benoît Tranchant)

Galerie Area, 46 bis rue de Paradis, 75010 Paris

Du mercredi au samedi, de 14 h à 19 h