Après avoir été mise une première fois en scène en 2015, la pièce On ne se mentira jamais d’Éric Assous, couronnée du Molière du meilleur auteur francophone de l’année, revient au Théâtre de Paris à la salle Réjane. Elle est portée par les deux acteurs Evelyne Bouix et Nicolas Briançon dans une mise en scène signée Jean-Luc Moreau.

Marianne et Serge sont mariés depuis plusieurs années. Ils forment un couple harmonieux et heureux. Mais leur équilibre de couple semble défaillir, après un malheureux accrochage en voiture. Ce point de départ tend à défaire les langues et à faire jaillir certaines vérités dissimulées. On se demande alors si tout est avouable en amour ? Peut-on vraiment tout révéler ? Au fur et à mesure de la pièce, les non-dits reviennent sur la table et les doutes tombent en abondance. La pièce expose la situation sans jamais sombrer dans le mépris, bien au contraire on donne au spectateur la liberté d’en tirer ce qu’il veut. Evelyne Bouix et Nicolas Briançon sont d’une justesse grandiose, sans jamais en faire trop, ils arrivent à faire embarquer le spectateur dans un duel au nom de la vérité.
C’est une pièce qui prend véritablement au cœur. En tant que comédie on s’attend à rire, mais pas à ce point. Les répliques grinçantes et piquantes rythment l’ensemble de la pièce. De plus, la profondeur du thème est très bien traitée, on en ressort bien plus ému que l’on aurait imaginé.
La mise en scène de Jean-Luc Moreau suit parfaitement l’écriture d’Éric Assous, à commencer par une scénographie à la fois sobre et épurée, avec peu d’éléments scéniques, ce qui permet au spectateur de se concentrer sur l’histoire de Marianne et Serge, riche en rebondissements. De plus, la bande originale soignée par Laurent Boutonnat apporte une dimension presque onirique à la pièce. La musique, qui ponctue la pièce entre chaque grand acte, intensifie la situation ; douce et enfantine, elle imprègne le spectateur de nostalgie. Le jeu de lumière mêlant bleu et violet renforce par ailleurs ce sentiment et confère une touche poétique à la pièce. On se retrouve ainsi au sein de l’intimité du couple que forment Marianne et Serge. Les dialogues creusés et profonds ne semblent donc pas avoir besoin d’artifices supplémentaires pour captiver et émouvoir le spectateur.
Suzanne Assous-Boulanger
Du 29 janvier au 17 mai 2026
Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, 75009, Paris
Du mercredi au samedi à 19h00, le dimanche à 15h30
