Photogrammes et Rayogrammes de Pierre Jahan

À l’occasion du Starting Sunday, organisé par le Comité Professionnel des Galeries d’Art (CPGA) en octobre dernier dans le cadre de la Semaine de l’Art à Paris, et en vue du Bicentenaire de la Photographie (2026-2027), la Galerie Jean François Cazeau — qui a reçu le label du ministère de la Culture pour cet événement anniversaire à venir — a présenté du 24 octobre au 20 décembre 2025, une exposition du photographe Pierre Jahan (1909-2003), intitulée Photogrammes et Rayogrammes : 1940-1950. Une exposition poétique et surréaliste mettant en lumière une œuvre singulière, emblématique des expérimentations avant-gardistes de l’époque.

Né en 1909, Pierre Jahan appartient à cette génération de pionniers qui ont contribué à faire reconnaître la photographie comme un art à part entière, libéré de ses seules dimensions scientifique et technique. Figure inclassable de l’avant-garde, il concevait la photographie comme un espace de liberté et de plaisir, guidé par l’œil et le geste. Dans cette quête artistique, il s’inscrit aux côtés de grands noms tels qu’Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Lee Miller, László Moholy-Nagy ou Dora Maar, rejoignant également, outre-Atlantique, des figures majeures comme Alfred Stieglitz.

Pierre Jahan pousse l’expérimentation photographique à son paroxysme en explorant des techniques novatrices telles que le photogramme, le rayogramme, la surimpression, le photomontage ou encore le photocollage. À l’instar de Moholy-Nagy, Man Ray ou Christian Schad, il appartient à cette génération d’artistes qui pratiquent la photographie sans appareil, où l’image naît du contact direct entre l’objet, la lumière et le papier photosensible. Ces procédés produisent des silhouettes en négatif, conférant à ses œuvres une dimension à la fois poétique et radicalement moderne.

L’Herbier surréaliste (1945-1948) constitue sans doute l’une des séries de photogrammes les plus étonnantes de Pierre Jahan. En revisitant un procédé d’origine scientifique, notamment utilisé en botanique, l’artiste en détourne l’usage en superposant graminées et végétaux à des images photographiques.

Un événement inattendu vient achever ces œuvres : l’incendie de son appartement- atelier en 1948. Partiellement brûlées, les photographies acquièrent alors une nouvelle dimension plastique. Loin de nier cet accident, Pierre Jahan en intègre pleinement l’apport, faisant du hasard, élément fondamental du surréalisme, un acteur à part entière de la création.

Des œuvres seront présentées à la BRAFA 2026 à Bruxelles Expo/Heysel, sur le stand 47 de la galerie, du 25 janvier au 1er février 2026 (11h à 19h – le 29 janvier jusqu’à 22h.

Elena Sokhoshko

Galerie Jean-François Cazeau, 8 rue Sainte-Anastase, 75003 Paris

https://www.galeriejfcazeau.com/exhibitions/