Un tableau de Modigliani fait son grand retour à Art Basel Hong Kong

Retiré du marché en 1997, le tableau « Jeune Femme Brune » est de retour à la foire, présenté par la galerie Pace.

Après une histoire controversée de près de trente ans, marquée par son exclusion du marché, le tableau a fait son retour à Art Basel Hong Kong (25 au 29 mars 2026), estimé à 13,3 millions de dollars. Présenté par la galerie Pace et intitulé « Jeune Femme Brune », il figure parmi les œuvres les plus chères de la foire. Malgré son prix élevé, selon Marc Glimcher, PDG de Pace, l’œuvre a déjà suscité l’intérêt de plusieurs collectionneurs, entamant ainsi des négociations.

La situation est bien différente de celle d’il y a plusieurs années, lorsque l’œuvre fut retirée d’une vente aux enchères chez Phillips à Londres le 23 juin 1997. Le tableau, reconnu comme original par Jeanne Modigliani – fille unique et héritière de l’artiste – figurait dans les catalogues raisonnés de Joseph Lanthemann (1970) et Christian Parisot (1992). Malgré cela, il fut retiré de la vente suite à une déclaration d’inauthenticité formulée par Marc Restellini, historien d’art français et alors collaborateur de l’Institut Wildenstein à Paris.

Le début du litige juridique

Le propriétaire de l’époque, Moshe Shaltiel, affirmant que Restellini n’avait jamais examiné ni étudié l’œuvre directement, porta plainte à New York en novembre 2001 contre l’Institut Wildenstein, réclamant des dommages et intérêts pour le retrait de l’œuvre de la vente. L’arrêt de la Cour suprême de New York stipule : « Un certain Marc Restellini a adressé un fax à la maison de ventes aux enchères, déclarant que, selon lui, l’œuvre n’était pas un tableau de Modigliani et, de surcroît, qu’elle ne figurerait pas dans le catalogue Modigliani que Restellini préparait pour le Wildenstein Institute. » L’affaire s’est finalement conclue par un jugement d’incompétence. Dans une autre procédure engagée à Paris, le TGI Paris, le 18 juin 2004, et la Cour d’appel de Paris, le 2 février 2007, ont confirmé l’envoi du fax, mettant ainsi fin à la collaboration entre l’historien d’art et l’institution.

Concernant la précédente conclusion d’inauthenticité, Restellini – dans une déclaration transmise à ARTnews la semaine dernière – a affirmé n’avoir jamais prétendu que le tableau était un faux. Il aurait indiqué à la maison de ventes aux enchères ne pas disposer de suffisamment de photographies pour se prononcer sur son authenticité sans l’avoir examinée en personne.

La maison de ventes aurait cependant répondu qu’un examen direct était impossible, la vente étant imminente. À ce jour, le tableau figure dans le catalogue raisonné à venir de Restellini.

Pascal Naulet