La Drawing Factory FACTORY II : l’effervescence du dessin contemporain au cœur de  Paris

5 ans après la première Drawing Factory, ( https://itartbag.com/la-drawing-factory-a-ouvert-ses-portes-a-paris/), sous l’impulsion de la Drawing Society et en partenariat avec le Centre national des arts plastiques (Cnap) et SOFERIM, un immeuble de la rue de Richelieu se transforme en un laboratoire de création verticale accueillant 32 artistes jusqu’au 30 avril 2026.

Le dessin ne se contente plus de la feuille ; il prend possession de l’espace. Depuis le 4 novembre dernier, le 61 rue de Richelieu, dans le 2ème arrondissement de Paris, vibre au rythme de la Drawing Factory II. Cette initiative audacieuse, portée par la Drawing Society, réinvestit un immeuble de 1 500 m² mis à disposition par le promoteur SOFERIM, pour offrir à une nouvelle génération d’artistes un outil de production et de visibilité exceptionnel.

Un écosystème de création unique

Répartis sur cinq niveaux, les 32 ateliers (allant de 10 à 40 m²) sont des espaces d’expérimentation où le dessin dialogue avec la sculpture, la performance, la vidéo et le design. La sélection, opérée par un comité d’experts — incluant Simon André-Deconchat (Cnap), Christine Phal (Drawing Lab) ou encore l’artiste Jérôme Zonder — reflète la vitalité et la diversité des pratiques actuelles.

Du premier au sixième étage, l’immeuble devient une ruche où se côtoient des artistes aux trajectoires variées : des jeunes diplômés de l’ESAD TALM ou des Beaux-Arts de Paris aux plasticiens confirmés ayant déjà intégré les collections nationales.

Le Cnap : Un partenaire stratégique au 3ème étage

Le Centre national des arts plastiques (Cnap) occupe une place centrale au sein du projet. Le troisième niveau de la Drawing Factory II est entièrement dédié aux rencontres professionnelles et aux ateliers participatifs.

À l’occasion des trente ans de la publication Graphisme en France, le Cnap, en collaboration avec la Cité internationale de la langue française et le Centre des monuments nationaux, y présente l’accrochage « Messages/Images, graphisme d’intérêt général ». Cette commande d’affiches souligne la puissance visuelle du design graphique et son rôle citoyen.

Panorama des ateliers : les visages de la résidence

Le 1er Étage : Narrations et Mutations

Le parcours débute avec des artistes explorant les frontières du récit.

  • Adji Titus (#11) y déploie des univers porteurs d’espoir, mélangeant pastel et outils numériques pour ses romans graphiques.
  • Matthieu Duringer (#12) fait le pont entre l’animation 2D/3D et la céramique.
  • Maëlle Ledauphin (#13) trouble les sens avec des pastels gras dont la matérialité évoque la peinture,
  • tandis que Diego Movilla (#14) travaille sur des formats monumentaux, comme ses fusains de 3,70 m.
  • L’étage accueille également la recherche doctorale de Camila Eslava (#15) sur « l’esprit dessinant » et les paysages d’encres mystérieux d’Elina Kulich (#16). Enfin, Merlin Rogeat (#17) et Clara Cimelli (#18) explorent respectivement la gravure mutante et l’énergie de la fête urbaine.

Le 2ème Étage : Matières et Protocoles

Ici, le dessin se fait rigoureux ou expérimental.

  • Antoine Conde (#21) et Baptiste Filippi (#22) travaillent sur la fragilité des formes, le premier via le graphite pur, le second via la gravure sur carrosserie de voiture.
  • Camille Demirian (#23) et Jean Bosphore (#24) partagent une fascination pour l’architecture et le design, transformant le dessin en système spectaculaire.
  • L’étage est aussi marqué par la présence de Sumiko Oé-Gottini (#25), spécialiste de la couleur et « Femme de Culture 2025 », et les paysages ambigus de Clara-Louise Hoffsaes (#26) et Claire Vaudey (#27), qui mêlent tempera et impression 3D.

Le 4ème Étage : Corps et Engagement

Le quatrième niveau se distingue par une approche plus physique et politique.

  • Le duo Louise Aleksiejew & Antoine Medes (#40) y développe une pratique hybride entre dessin et céramique.
  • Tarek Lakhrissi (#41) explore les relations de pouvoir et le désir, tandis que Boryana Petkova (#42) utilise son propre corps comme outil de mesure et de trace.
  • Peter Lökös (#44) lie art et science autour du cycle de la vie, et Maxime Duveau (#45) immortalise le paysage urbain de Montreuil au pastel sec.

Le 5ème Étage : Le Vivant et la Mémoire

Le dessin devient ici une observation organique.

  • Louise Dumas (#51) et Sylvain Le Corre (#52) travaillent sur les transitions des écosystèmes.
  • David Supper Magnou (#53), arboriste-grimpeur, interroge la résistance de la nature.
  • Alexandra Winterberg (#54) transpose des expressions idiomatiques en volumes de papier, tandis que Marguerite Canguilhem (#55) et Tamaris Borrelly (#56) créent des paysages fantastiques où le végétal et l’animal s’hybrident.

Le 6ème Étage : L’Image réinventée

Au sommet de la Factory, la réflexion sur le médium photographique et le signe domine.

  • Dana Cojbuc (#61) y opère une transition fascinante entre la photographie norvégienne et le fusain.
  • Amélie Barnathan (#64) explore l’inconscient et le grotesque à travers des fresques oniriques.
  • Enfin, Justine Joly (#65), Thibaut Huchard (#66), Jean-Philippe Roubaud (#67) et Alix Le Boucher (#68) ferment la marche avec des œuvres interrogeant la perception et la structure même de l’image.

Un programme d’ouverture au public

Tout au long de la résidence, des workshops et des événements sont organisés pour favoriser les rencontres entre artistes et collectionneurs, mais aussi avec le grand public.

À noter dans l’agenda : Dans le cadre du Printemps du dessin, un atelier en famille gratuit sera organisé le 11 avril 2026. Imaginé et animé par les artistes Adji Titus, Maëlle Ledauphin et Marguerite Canguilhem, cet événement permettra aux petits et grands de s’initier aux techniques du dessin contemporain au contact direct des créateurs.

« La Drawing Factory II est plus qu’un lieu de résidence ; c’est un manifeste pour le dessin sous toutes ses formes, un espace où la ville de Paris redevient un terrain de jeu et d’invention pour les artistes. » Carine Tissot, Présidente de la Drawing Society.

À propos de la Drawing Society : Fondée par Christine Phal et Carine Tissot, la Drawing Society regroupe des initiatives dédiées au dessin contemporain (Drawing Now Art Fair, Drawing Hotel, Drawing Lab).

À propos du Cnap : Établissement public du ministère de la Culture, il soutient et promeut la création contemporaine dans toute sa diversité.

À propos de SOFERIM : Promoteur immobilier engagé dans l’urbanisme transitoire et le soutien aux projets culturels.

Véronique Spahis

Du 4 novembre 2025 au 30 avril 2026

61 Drawing Factory II, rue de Richelieu, 75002 Paris

Sur rendez-vous et lors des événements publics.

https://www.drawinglabparis.com/drawing-factory-2/