Chaque année, le Prix de l’Art du Jardin organisé parla Fondation Signature en partenariat avec le ministère de la Culture met en lumière des lieux d’exception où se rencontrent nature, esthétique et engagement. Ce prix prestigieux récompense des jardins qui ne se contentent pas d’être beaux : ils racontent une histoire, traduisent une vision artistique et participent à la préservation de la faune et de la flore.

Cette 7e édition du prix confirme l’importance croissante de cet événement dans le monde du paysage. Ouvert à un large territoire, il rassemble des jardins issus de la métropole, de l’Outre-Mer ainsi que de Belgique, et plus particulièrement de Wallonie, témoignant d’une grande diversité culturelle et botanique. Pour l’édition 2026, pas moins de 17 jardins étaient en compétition, entre jardins conservatoires, créations artistiques et espaces de résistance en milieu urbain, le jury a dû départager les candidats, chacun portant une vision différente.
Des finalistes aux identités marquées
Parmi les participants, deux jardins ont retenu l’attention des jurys. Le Jardin de Valombreuse, en Guadeloupe, a séduit par sa richesse botanique. Ce jardin conservatoire abrite une diversité d’espèces tropicales, offrant aux visiteurs une immersion dans un univers végétal foisonnant, différent de celui de la métropole. Créé par Magguy Chaulet, ce parc rassemble des centaines d’espèces : orchidées, fougères, palmiers ou encore roses de porcelaine. Malgré les intempéries i survenues en 2022, le site a su poursuivre son travail de préservation et de transmission.
Autre finaliste, le jardin de la Villa Santa Lucia à Marseille incarne un patrimoine rare, à la croisée de l’architecture et du végétal. Enserré dans un tissu urbain soumis à une forte pression immobilière, ce jardin représente un espace préservé. Jardin du XIXe siècle, il mêle rocailles, grottes, cascades et belvédères. Il abrite aujourd’hui une collection de plantes méditerranéennes et subtropicales, dont des espèces rares, dans un site classé monument historique.
Le Jardin de la Mothe, lauréat 2026
C’est finalement le Jardin de la Mothe, en Aveyron, qui a remporté le Prix de l’Art du Jardin 2026. Créé en 1997 autour d’une ancienne ferme aveyronnaise par une artiste, ce jardin privé de 3 500 m² se distingue par son approche artistique. Le visiteur y découvre une succession de tableaux paysagers, mis en scène grâce à des ouvertures et des échappées visuelles, notamment sous forme d’oculus.
Déjà reconnu pour sa qualité, le Jardin de la Mothe a obtenu le label « Jardin Remarquable » en 2013. Sa victoire vient saluer une démarche sensible et immersive, où le regard porté sur le paysage devient une véritable expérience esthétique.
Cette édition 2026 s’est appuyée sur un jury international composé de Marie-Hélène Bénetière, chargée de mission pour les parcs et jardins au ministère de la Culture, Thomas Fontaine, parfumeur et président de l’Osmothèque, Nathalie de Harlez de Deulin, historienne et membre de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles en Belgique, Emmanuelle Héran, conservatrice en chef responsable des collections des jardins du Louvre, Giuseppe La Mastra, docteur en histoire de l’art et coordinateur de l’Associazione Parchi e Giardini d’Italia, Christian Ledeux, rédacteur en chef de L’Ami des jardins, Natalia Logvinova Smalto, fondatrice et présidente du jury, Anne Marchand, cheffe unité Patrimoine naturel et présidente de l’association Hortis, Marguerite Natter, rédactrice en chef de Demeure Historique, Michèle Quentin, expert jardins et déléguée en région Centre-Val de Loire, Donatienne de Séjournet de Rameignies, historienne de l’art et administratrice de l’Association royale des Demeures Historiques & Jardins en Belgique, Jean-Philippe Teyssier, paysagiste, ainsi que Pierre Thibaut, photographe de l’inventaire du Patrimoine pour la région Hauts-de-France.
Lors de la conférence, une autre annonce a marqué cette édition : le Festival Signature, dont ce sera la 3e édition, se tiendra au Jardin de Valombreuse en Guadeloupe. Ce choix met en lumière la richesse des territoires ultramarins et confirme la volonté d’ouvrir davantage cet événement.
Cynthia Bellanger,
https://www.jardindelamothe.com
