Le mystère du dernier stradivarius : une symphonie littéraire entre Histoire et secrets d’État

Il est des livres dont l’écriture vous attrape dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher. Le nouveau roman de l’écrivain argentin A.G. Roemmers, Le mystère du dernier stradivarius, publié aux éditions Métailié,se range sans aucun doute parmi ces ouvrages captivants que l’on dévore en moins de sept jours. Reçu en avant-première à l’ambassade d’Argentine à Paris lors d’une conférence de presse intimiste et fascinante, ce thriller historique brille par sa construction et son intelligence narrative.

L’intrigue s’ouvre en 2021 sur un double meurtre brutal au Paraguay : un antiquaire et sa fille de quatorze ans sont assassinés, déclenchant une enquête chaotique menée par un inspecteur malchanceux. Au cœur de ce drame se cache un protagoniste inattendu : le tout dernier violon façonné en 1737 par le légendaire luthier italien Antonio Stradivari, un instrument prétendument signé de son propre sang et doté d’un pouvoir mystérieux capable de traverser les siècles.

Bien plus qu’une simple enquête policière, le roman se déploie comme une immense fresque historique à travers le temps. De la Venise de Casanova aux opéras de Verdi, en passant par le terrible complot de Sarajevo en 1914 et l’enfer des camps de concentration nazis, le lecteur suit les propriétaires successifs de cet instrument unique. Le violon devient le témoin silencieux des plus grands soubresauts de l’Humanité. Lors de la présentation de l’ouvrage, l’éditeur a d’ailleurs rappelé la vision de Mario Vargas Llosa, auteur de la préface : les objets ne sont pas de simples témoins, ils condensent les regards et les expériences de ceux qui les ont possédés, survivant à notre propre condition éphémère.

L’un des aspects les plus vertigineux de l’ouvrage réside dans la mise en lumière des zones d’ombre de l’histoire latino-américaine. A.G. Roemmers y explore avec finesse les réseaux d’exfiltration des réfugiés nazis vers l’Argentine et le Paraguay après la Seconde Guerre mondiale, notamment l’arrivée clandestine de sous-marins sous l’ère de Juan Perón. Sans jamais basculer dans la science-fiction ou le fantastique, l’auteur reste ancré dans le réel pour interroger un mystère historique : comment ce Stradivarius a-t-il pu atterrir au cœur de l’Amérique latine ?

Au-delà de la tension dramatique, l’œuvre est profondément habitée par une quête spirituelle et un vibrant message de paix, particulièrement symbolique en cette année de commémoration de Saint François d’Assise. Dédié au Pape François ainsi qu’au rabbin Berman, le livre rappelle le pouvoir de l’art face à la barbarie. Pour A.G. Roemmers, qui a reçu à l’issue de la présentation le prix de l’Organisation mondiale pour la paix, l’enseignement de la musique et de la beauté reste le rempart le plus puissant contre la violence des hommes. Une lecture addictive, romanesque et indispensable qui invite à ouvrir votre curiosité sur le monde.

A.G. Roemmers : le poète homme d’affaires.

Mais derrière la plume du romancier se cache un destin singulier, une trajectoire à la croisée de deux mondes que tout semble opposer : les affaires et la haute spiritualité. Né à Buenos Aires en 1958, Alejandro Guillermo Roemmers grandit au sein d’une dynastie industrielle majeure. Sa famille est en effet à la tête de l’un des plus puissants empires pharmaceutiques d’Amérique latine. Une réalité pragmatique qui le pousse, sous la pression de son père, à suivre des études de gestion et d’administration des affaires afin de prendre les rênes de l’entreprise familiale.

Pourtant, l’appel de l’art vibre en lui depuis son plus jeune âge. Dès l’enfance, il écrit des poèmes, se considérant avant tout comme un poète égaré dans le monde des chiffres. Pendant quarante ans, sa priorité absolue reste la stratégie commerciale et le développement de la compagnie. Ce n’est qu’une fois sa réussite professionnelle pleinement établie qu’il s’autorise enfin à libérer sa plume.

Sa révélation littéraire mondiale a lieu avec Le Retour du Jeune Prince, une suite spirituelle et poétique du chef-d’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry. Grand admirateur de l’aviateur français, dont il possède d’ailleurs de précieuses pages de manuscrits originaux rédigées en Patagonie. A.G. Roemmers signe alors un best-seller planétaire traduit dans plus de trente langues et vendu à des millions d’exemplaires. Aujourd’hui, il mène de plein fouet sa vie de businessman, de mécène culturel et d’ambassadeur de la paix.

Pélopia Maury

En librairie depuis le 2 mai 2026

Éditions Métailié Traduit de l’espagnol (Argentine) par Albert Bensoussan Prix : 21,50 € – 384 pages