Du 21 mai au 27 juin se tient à la galerie Les Montparnos (Paris 6e) l’exposition du Groupe de Lyon présentant cinq artistes tous originaires de la « ville des lumières » : Marc Dailly, François Dupuis, Samuel Erard, Martin Laquet et Christophe Marion. A travers cette exposition, le galériste Mathyeu Le Bal souhaite mettre en avant ce groupe d’artistes contemporains qui, dans leur travail, ont tous un sujet commun : la lumière.



En effet, Mathyeu Le Bal nous confie avoir remarqué qu’au fil des expositions à la galerie des Montparnos les noms d’artistes lyonnais se succèdent et forment un courant avec des motifs communs. L’histoire du « Groupe de Lyon » remonte à l’époque de la fin de la Seconde Guerre Mondiale lorsque certains artistes lyonnais s’étaient réunis notamment autour de Jacques Truphémus, connu pour ses toiles de nature morte et de paysages, et qui s’était mêlé au mouvement du « Sanzisme », un mouvement avec une dynamique « libre de classification ».
Aujourd’hui, les artistes du Groupe de Lyon présentent des particularités propres à chacun d’entre eux avec leurs étrangetés, tout en s’influençant les uns les autres pour finalement créer une cohérence. Ce fil rouge qui les lie pourrait se résumer par le travail de la lumière à travers le quotidien, traitée avec une certaine retenue caractéristique du groupe.

Le travail de Christophe Marion gravite autour de la couleur, mais ce n’est pas pour autant que cette dernière prend tout l’espace des oeuvres. Au contraire, le peintre la laisse dialoguer avec la lumière sans la forcer dans l’oeil du spectateur. Ainsi, le traitement de la couleur donne aux tableaux de Christophe Marion cette impression chatoyante de douceur dans laquelle se détachent les objets grâce à la lumière et à ses reflets.

L’étude de Christophe Marion se mêle parfois à celle de Martin Laquet dont l’art est un art de l’effacement. Sur les toiles de ce dernier, les objets sont comme « aspirés » par la lumière qui ronge les bords de la matière et donne à ses tableaux une impression de rêve. Il y a quelque chose dans le travail de Martin Laquet de mélancolique, propre à des souvenirs de printemps. Il cherche à appuyer sa pratique sur les choses fragiles qui filent et leur donne un aspect presque auratique.


Samuel Erard, quant à lui, use de la lumière dans une pratique méditative mêlant ciel et terre. Ses tableaux présentent les paysages d’hiver que le peintre affectionne tant, dans des tons plus froids que dans les tableaux de ses confrères, et pourtant pas moins lumineux. La lumière est bien présente et c’est même elle qui gouverne ses compositions : dans les clair-obscur de Samuel Erard, la lumière effleure les paysages pour les révéler au fil de la lente réalisation des oeuvres. Ce que peint l’artiste ce sont « des lieux où se fondent quête du réel et paysage intérieur » (Mathyeu Le Bal) à travers la lumière subtile des premières lueurs du jour.

Marc Dailly peint sur des petits formats des scènes intimes de tous les jours, sa famille, des natures mortes, des paysages, et questionne les mystères du quotidien. Dans ses tableaux, la lumière est l’outil avec lequel l’artiste révèle la vie qui l’entoure. Il ralentit le temps et fige les mouvements dans une douce clarté. Marc Dailly dit s’inspirer des Nabis dont il semble emprunter quelque chose de spirituel dans sa manière de célébrer la vie par la lumière.

François Dupuis est un artiste dont le travail tourne avec poésie autour du déchet et de la mort. L’ensemble de ses oeuvres exposées constitue en elle-même un véritable memento mori. Il tend à inscrire dans ses toiles non seulement la manière dont il regarde les choses qui l’entourent mais surtout la fragilité de ces choses. L’artiste peint des épluchures, des fruits et légumes pourris tout comme des cadavres de passereaux.

Pour François Dupuis, la lumière est l’élément le plus important car c’est elle qui définit ce que l’on voit et comment le monde nous apparaît. La lumière est là, même dans le déchet et dans la mort, elle regarde chaque pli, chaque veine, chaque plume et se pose comme un voile de clarté.
Il y a dans les oeuvres de François Dupuis quelque chose d’évidemment baudelairien qui rappelle le poème de la Charogne ou comment le laid peut être rendu beau et lumineux.
Elisa Camus
du 21 mai au 27 juin 2026
Galerie Les Montparnos, 5 rue Stanislas, 75006 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h30
