À l’heure où l’industrie cinématographique mondiale connaît une évolution rapide, la World Woman Foundation a tenu sa deuxième édition les12 et 13 mai 2026 à l’Hôtel Splendid, en marge du Festival International du Film de Cannes, juste en face du Palais des Festivals et des Congrès, en partenariat avec Major Events Media, Oriflame, MG Empower et Deglupta.

Fondée en 2013, la World Woman Foundation est une organisation à but non lucratif qui a lancé la même année une plateforme mondiale, le World Woman Agenda, pour se connecter, s’engager et réussir en partageant des opportunités entre femmes de toutes les nations et pour célébrer les figures féminines héroïques par leurs accomplissements.
Dans ce but, la World Woman Foundation s’associe à des organisations sociales pour sensibiliser l’opinion et collecter des fonds afin de soutenir les causes féminines.

Décliné lors de grands événements internationaux comme à Davos ou à Cannes, le World Woman Agenda s’articule autour d’un concept fort appelé l’Equality Moonshot (le projet d’égalisation globale).
Il vise principalement à :
-Resserrer les écarts économiques : stimuler l’entrepreneuriat au féminin et garantir l’équité salariale
-Encourager l’innovation et la tech : faciliter l’accès et la représentation des femmes dans les domaines des sciences et des technologies (STEM).
-Améliorer l’accès à la santé : lutter contre les inégalités de prise en charge médicale spécifiques aux femmes.
-Soutenir l’économie créative : utiliser la culture, les médias et l’art pour amplifier la voix des femmes et transformer les mentalités.
Ainsi, ces 5 dernières années, la World Woman Foundation a bâti un réseau de 300 actrices et acteurs du changement dans 20 pays. Leur objectif est d’élever le milieu socio-économique de 2 millions de femmes et filles d’ici 2050 en leur donnant accès à du capital, une communauté et du mentorat dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie, arts et mathématiques.
A Cannes, la World Woman Foundation prône une révolution cinématographique audacieuse où les femmes prennent les rênes pour redéfinir l’avenir du cinéma, de la culture et du pouvoir.
Avec cette deuxième édition, la World Woman Foundation a continué de faire progresser une vision à long terme : celle d’élargir l’accès des femmes aux rôles créatifs et exécutifs, leur ouvrir des voies de financement et accélérer leur accès aux technologies émergentes.
À Cannes, là où les histoires les plus influentes du monde sont présentées à un public mondial, cette initiative portait à la fois une importance symbolique et stratégique. Celle de placer les femmes non plus en marge de l’industrie cinématographique, mais au centre de son évolution. Par le biais du cinéma, les femmes elles aussi façonnent ce que le monde va voir et va devenir.
Rupa Dash, fondateur et PDG de la World Women Foundation, a choisi comme thème de ces 2 journées : « Son histoire occupe le devant de la scène« (Her story takes center stage).
Ce thème signifie un changement clair de trajectoire, explique-t-elle. Ce qui a commencé comme un appel à la représentation a évolué vers un mouvement axé sur le leadership, l’appropriation, et l’influence.
Avec plus de 400 délégués venus de plus de 30 pays, l’agenda a réuni des cinéastes, créatrices, investisseuses, journalistes, animatrices et leaders culturels pour façonner l’avenir de la narration mondiale.
Le timing était important. Le secteur devrait dépasser les 350 milliards de dollars d’ici 2030, alimenté par la croissance continue des plateformes de streaming, les progrès dans l’intelligence artificielle et l’audiences qui ne cesse de croître grâce aux marchés émergents. Pourtant, malgré cette croissance, des difficultés structurelles demeurent.
Les inégalités restent profondément ancrées. Les femmes continuent de détenir moins d’un quart des postes clés de leadership créatif, tandis que moins de 10% des films de studio à grande échelle sont réalisés par les femmes. Les déficits de financement restent persistants, même si la demande du public pour des contenus plus inclusifs et des histoires plus authentiques continue de croître.
Cette déconnexion entre opportunités et accès est précisément là où le World Woman Cannes Agenda a souhaité positionner son impact.
Plutôt que de se concentrer uniquement sur la visibilité, l’édition 2026 a mis l’accent sur le changement systémique à travers le cinéma écosystème. La réflexion s’est orientée au-delà de ce qui est vu à l’ecran pour s’intéresser à ce qui façonne les systèmes qui le sous-tendent : du financement et de la production à la technologie, à la propriété intellectuelle et la distribution. Grâce à des réunions de haut niveau et des stratégies de collaboration, l’Agenda visait à ouvrir des voies pour que les femmes puissent diriger non seulement de manière créative, mais aussi économique et institutionnelle.
Le cinéma d’aujourd’hui ne se limite plus au seul divertissement ; il est un moteur d’influence culturelle, de pouvoir économique et un instrument de construction narrative globale.
Les histoires qui sont élaborées, financées et produites façonnent la façon dont les sociétés appréhendent l’identité, le leadership, le conflit, le climat et la culture. Dans ce contexte, augmenter l’influence des femmes dans le secteur du cinéma n’est pas seulement une question d’inclusion, mais un catalyseur de l’innovation et de la croissance industrielle.



Les rencontres et interviews se sont succédées à un rythme soutenu sur la terrasse de l’hôtel Splendid, face à la mer et au Palais des festivals. Une vue magnifique et inspirante pour les professionnelles du cinéma (réalisatrices, directrices, autrices, productrices, directrices financières, critiques…) ainsi que les journalistes, conférencières, éditrices, curatrices, venues du monde entier témoigner de leur parcours, des défis qu’elles relèvent chaque jour, de leurs convictions et de leurs projets.
Mardi 12 mai, nous avons assisté à l’interview de Kate Monroe par Emb Hashmi, ex-journaliste de la BBC, primée à plusieurs reprises et fondatrice de Storytelling for CEO’s.
Le thème était : Du scénario aux projecteurs : les femmes à la tête de l’écosystème narratif.
Autrice, productrice et actrice, Kate Monroe est connue pour Bodyman (2026), Operation Deportation (2025) et Real America with Dan Ball (2021). Elle a évoqué les défis qu’elle a dû relever à travers son parcours, depuis le Corps des Marines des Etats-Unis, puis en tant qu’avocate, jusqu’à jouer dans des films et les produire.
Nous avons vu le trailer du film Bodyman, dans lequel Kate Monroe incarne Evelyn, une candidate au Sénat américain qui se fait kidnapper par un réseau criminel. Après avoir réussi à s’échapper, elle refuse de rester les bras croisés. Animée par un esprit de vengeance et de justice (sa propre fille ayant perdu la vie à cause de ce réseau), elle prend la tête d’un commando d’élite classé secret-défense. Sa mission est double : détruire le réseau de trafiquants de l’intérieur et exposer publiquement les personnalités politiques puissantes qui les protègent dans l’ombre.
Mercredi 13 mai, nous avons assisté à la rencontre sur le thème : Le pouvoir de la présence et son impact sur l’égalité.
En présence de Mary Cristine, présidente deSpicine, Aliia Roza, influenceuse, Shanu Mehta, entrepreneuse et militante pour l’émancipation des femmes, Angelina Usanova, Miss Univers 2023 et Ambassadrice de bonne volonté des Nations-Unies, et Emb Ashmi,ex-journaliste de la BBC, primée à plusieurs reprises et fondatrice de Storytelling for CEO’s. Chacune a témoigné de son expérience quant à la nécessité de la Présence à soi-même et aux autres, afin de pouvoir atteindre des objectifs ambitieux.
Jouxtant la terrasse où se tenaient les rencontres, un spacieux salon agrémenté d’un bar était un espace propice à la convivialité et aux rencontres entre femmes dynamiques et porteuses de projets, venues du monde entier.

Participer à ces deux jours fut une expérience extrêmement stimulante et enrichissante.
La World woman Foundation investira à nouveau l’hôtel Splendid Cannes à l’occasion du Festival International de la Créativité (Cannes Lions – International Festival of Creativity), du 22 au 26 juin 2026.
Carine Géliot
