Dry Leaf est le troisième long-métrage du réalisateur Alexandre Koberidze dans lequel il explore les thèmes de la famille, du souvenir, de l’apparition et de la disparition, du visible et de l’invisible, en reliant tous ces thèmes entre eux et en les faisant dialoguer.
Lisa, photographe sportive, disparait en laissant derrière elle une lettre demandant de ne pas la chercher. Son père Irakli, aidé par le rédacteur en chef de Lisa qui lui donne une liste de lieux qu’elle avait prévu de photographier, décide de partir à sa recherche à travers la campagne géorgienne, accompagné d’un ami de Lisa, Lévan.
Dès les premières minutes du film, nous sommes fascinés par la manière avec laquelle les ambiances, sons, couleurs, textures, nous sont montrés. Les plans sont saisis avec une délicatesse et un souci du détail tels qu’ils ressemblent parfois à des natures mortes ou des paysages impressionnistes (certainement aussi à cause du grain de la caméra qui dilue les contours). L’esthétique de la vieille caméra numérique qui n’est pas sans rappeler les films « found-footage » donne au film le charme de souvenirs capturés avec la caméra familiale.
Les cages de buts des terrains de foot sur lesquels Irakli se rend semblent de plus en plus dégradées au fil du film, jusqu’à devenir de simples branches d’arbres plantées dans l’herbe. Et dans cette progression, les souvenirs aussi semblent de plus en plus flous.
C’est un magnifique film qui nous invite à la contemplation des petites choses, des détails. On prend plaisir à attarder notre regard sur de la rouille, une fleur, une pomme, et les longs plans fixes nous permettent d’en apprécier toute la beauté.
Le titre « Dry Leaf » est une référence à la technique de la « feuille morte » mise au point par le footballeur brésilien Didi à la fin des années cinquante. Elle était appelée ainsi car il était impossible de prédire à quel endroit le ballon allait atterrir, tout comme une feuille morte, quand elle tombe, prend des trajectoires imprévisibles.
Les personnages de Dry Leaf n’ont pas de trajectoire fixe non plus : leur voyage dépend des routes, des circonstances et des personnes qu’ils rencontrent ou qu’ils ne rencontrent pas.
Elisa Camus
Dry Leaf : Réalisateur et scénariste : Alexandre Koberidze ; Producteurs : Mariam Shatberashvili, Luise Hauschild, Alexandre Koberidze ; Acteurs : David Koberidze (Irakli), Otar Nijaradze (Levan), Irina Chelidze (Nino), Giorgi Bochorishvili (Policier), Vakhtang Fanchulidze (Policier) ; Musique : Giorgi Koberidze.
Sortie en salle le 24 juin 2026 – Durée : 186 minutes