Le 4 juillet dernier, à Paris, le Talent Show 2026 d’ESMOD a réuni trente-sept créatrices et créateurs venus des campus de Paris, Lyon, Bordeaux, Rennes et Séoul, offrant un aperçu saisissant de ce que la mode a à dire aujourd’hui.

Il y a quelque chose de puissant à voir trente-sept jeunes créatrices et créateurs prendre la lumière en même temps. Le Talent Show n’est pas un simple défilé de fin d’études : c’est un manifeste collectif, une cartographie des préoccupations d’une génération qui refuse la mode décorative pour lui préférer une mode qui pense, qui raconte, qui prend parti.




Les collections, signées par Amanda Antunes, Angelina Barseghyan, Eve Bernat-Salles, Eva Bril, Anaelle Bu Taubert, Martina Carosella, Radia Chraibi, Marine Collet, Arthus Daigre, Boubacar Diallo, Gaëtane Du-Parc, Lucas Fischer, Margot Gayraud, Mette Glawe, Marie-Wen Harhoura, Aria Hatot, Ziyu Huang, Cecilia Janice, Seokhwan Jang, Eva Jaquinet, Felicija Kaciulyte, Da Young Kang, Dedee Kozelj, Camille Laveran, Milane Laun-Garault, Charlotte Le Berre, Alice Lessa-De-Moura, Thaïs Louis, Manoela Morais Serrato, Guillaume Novoa, Yuu Ochiai, Laura Pohl, Sofia Rohozhynska, Frida Pauline Scheler, Yann Schloesser, Italo-Akira Succi et Lola Verdière, sont le fruit d’un Bachelor Fashion Design où l’on apprend autant le patronage que le regard. Les jeunes designers développent des écritures personnelles où la recherche conceptuelle dialogue avec l’excellence du modélisme.




Ce qui frappe, c’est la diversité des approches. Les designers venant des campus d’ESMOD des quatre coins du monde, cette multiplicité géographique infuse directement dans les collections. On perçoit que la mode y est abordée comme un langage culturel, bien avant d’être un secteur économique, une philosophie que l’école porte depuis plus de cent quatre-vingts ans. Mémoire, transmission, artisanat, innovation, durabilité, enjeux sociétaux : les thèmes traversent l’époque avec une exigence plus qui dépasse l’académique. C’est vivant, c’est texturé, c’est construit.
Chaque proposition est complète, pensée comme une prise de position, un manifeste. Les coupes, les couleurs, les matières et les plissés disent quelque chose de la génération qui arrive, une génération qui veut montrer le geste, révéler le processus, ne pas cacher la main qui a cousu. Dans notre société consumériste, cette volonté est un choix engagé et témoigne d’un besoin qui se fait sentir de plus en plus, celui de retrouver l’humain et le sensible dans la création.
Les jeunes designers développent des écritures personnelles où la recherche conceptuelle dialogue avec l’excellence du modélisme.




Le Talent Show est aussi une rencontre entre l’école et l’industrie. Directeurs artistiques, recruteurs, maisons de luxe, acheteurs, institutions culturelles, tout l’écosystème était réuni pour découvrir les talents avant leur entrée dans la vie professionnelle. Et c’est peut-être là que l’événement trouve toute sa force : il ne s’agit pas seulement de montrer, il s’agit de connecter. ESMOD agit comme une passerelle, offrant à ses diplômés une visibilité privilégiée auprès de celles et ceux qui feront la mode de demain.
Dans un paysage où la fast-fashion brouille les repères entre collection réfléchie et vêtement jetable, et où la haute couture cherche sa place, ces trente-sept collections rappellent une évidence : la mode a besoin de créateurs et créatrices libres, capables de refléter l’époque qu’ils occupent. Les diplômés du Talent Show 2026 l’ont parfaitement compris, et c’est tout ce qu’on peut leur souhaiter : continuer à regarder le monde et à l’habiller avec autant de liberté que d’exigence.




Le Talent Show 2026 confirme une chose : la mode a encore des choses à dire, et ce sont ces jeunes créateurs qui les diront.
Elisa Camus