Dans son arbre-maison, Hipollène, mi-écureuil, mi-humain, chasse de drôles de fruits. Jusqu’au jour où la branche sur laquelle elle se reposait, casse. Hipollène part alors à l’aventure. Un spectacle drôle et touchant pour petits et grands, jusqu’au 10 janvier à l’Appolo théâtre.
Sur un arbre perché, une famille de mi-écureuil, mi-humain, a pris ses quartiers. Ils vivent dans les épais branchages, sautent de branche en branche. Hipollène est encore jeune, mais a déjà la chance de partir à la chasse avec son père. La vie s’écoule paisiblement jusqu’à ce qu’une terrible nouvelle vienne briser la quiétude du lieu : la grand-mère d’Hipollène s’en est allée. Jusqu’aux cimes. Au ciel.
L’arbre qui a vu grandir Hipollène ne suffit alors plus. Les branches protectrices se transforment en barrières. Hipollène veut rejoindre sa grand-mère. Elle monte si haut à la cime de l’arbre qu’elle se retrouve emportée dans un voyage à travers les univers.
L’arbre s’élève, le récit se déploie
Un voyage fantastique et initiatique emporte le public durant une heure où les rebondissements sont nombreux. La Nad Compagnie qui propose ce spectacle a fait le choix de ne pas faire de cette histoire et de ces mondes merveilleux visités, un pur récit. Le narrateur de l’histoire, un écrivain pour enfants parfois en manque d’inspiration, ponctue les différentes étapes du voyage d’Hipollène.
Le choix d’un tel point de vue pour introduire l’histoire n’est pas évident. Il apporte cependant un décalage bienvenu dans un récit purement imaginaire. Les petits clins d’oeils humoristiques, parfois très appuyés à destination des parents, visent juste. L’arbre d’Hipollène a la volonté de réunir petits et grands autours d’une même histoire d’aventure : chacun s’agrippe, selon sa taille, à la branche qui lui est offerte.
La symbolique de l’arbre qui s’élève, des branches qui se déploient, trouvent un parallèle dans ce récit aux images fertiles. Les imposants décors représentant successivement un environnement boisé, une planète… renforcent l’histoire dans sa volonté de faire voyager le spectateur. L’arbre d’Hipollène a plusieurs branches à son arc et se déploie gracieusement, sans verser dans une naïveté trop appuyée.
Car si l’arbre a besoin d’un tuteur, il doit aussi laisser libre court à sa propre progression. C’est le message qu’envoie Hipollène au jeune public : pour se trouver soi-même, il faut parfois quitter un temps sa branche. Pour y revenir bien vite, plus assuré. « Auprès de mon arbre, je vivais heureux / J’aurais jamais dû le quitter des yeux » (Georges Brassens), chanterait-on presque.
Gabriel Moser
Jusqu’au 10 janvier 2027
Apollo Théâtre, 18 rue du Faubourg du Temple, 75011, Paris
https://www.apollotheatre.fr/l-arbre-d-hipollene-lo4539.html