Sur la scène du théâtre-restaurant de La Nouvelle Scène, Judith Zins dévoile l’histoire de la naissance de sa fille et des quelques mois qui ont suivi. Elle se produit tous les mardis soir dans la salle atypique de la péniche de la Nouvelle Seine.

Seule sur scène
Judith Zins porte un pantalon noir à fleurs roses et a pour seuls décors un pied de micro, une chaise et une valise. Cette sobriété témoigne de la dimension intime et sensible du récit de la naissance de sa fille. À la croisée du « one woman show » et de la pièce de théâtre plus classique, Judith Zins alterne entre le micro sur pied et la voix non amplifiée. Cela permet un jeu d’alternance des voix entre son rôle de narratrice et celui des personnages de son récit. Seule sur scène, Judith Zins retranscrit toute l’expérience de son accouchement. Elle se met en scène elle, mais elle retranscrit aussi les conseils que son amie lui a donnés pour trouver une crèche pouvant accueillir sa fille ou les paroles de la sage-femme qui l’a invité à accoucher dans une « salle nature ».
Devenir mère
Judith Zins nous propose une pièce qui mêle avec justesse l’humour à une histoire qui, en temps normal, n’invite en aucun cas à sourire. Elle parle de la douloureuse séparation avec sa fille et de son incompréhension face au vocabulaire complexe du domaine médical. D’une histoire personnelle, Judith Zins donne voix à d’autres parents et à d’autres mères qui ont aussi été séparés de leurs enfants à la naissance par manque de places dans les hôpitaux. Face aux doutes et à la séparation, Judith Zins raconte un véritable combat où l’humour devient un outil de libération de la parole.
Grande angoissée, Judith Zins avait tout prévu pour son accouchement : l’hôpital, les vêtements, le siège auto. Pourtant, le jour venu, ce ne fut qu’une série d’imprévus poussant à un « débordement émotionnel » que Judith Zins exprime dans ses questions et son envie de combler le « vide » dans son ventre.
Mélange des genres
Chaque nouvelle longue journée est annoncée par des références adroites au récit de la création du monde par Dieu et qui rappelle le proverbe juif « Dieu ne pouvait pas être partout, alors il créa la mère ». Les sept jours de la création du monde se transforment en sept jours d’attente interminable pour la réunion définitive entre Judith Zins et sa fille. Ces références se mêlent à celles des Marseillais adroitement associés au théâtre classique. De jeune mère, Judith Zins devient star de télé-réalité puis rappeuse.
Salomé Raucoule
Ecriture et interprétation : Judith Zins ; Mise en scène : Sarah Lasry ; Création musicale : Pierre Cohen ; Création lumières : Karl Ludwig Francisco – Durée : 1h
Tous les mardis à 19h30 jusqu’au 24 mars 2026
La Nouvelle Seine – Péniche face au 3 quai Montebello, 75005 Paris
