« Cling ! La bande dessinée parle cash » : argent et BD dialoguent à la Monnaie de Paris

Lucas Hureau et Damien MacDonald, commissaires de l’exposition « Cling ! La bande dessinée parle cash », invitent le public à redécouvrir les héros de bandes dessinées célèbres L’argent est mis à l’honneur dans la nouvelle exposition présentée à la Monnaie de Paris, jusqu’au 6 septembre 2026.

Après un an et demi de travail, l’exposition imaginée par Lucas Hureau et Damien MacDonald a ouvert ses portes à la Monnaie de Paris. Ouvrages de bandes dessinées, planches de dessins, figurines : « Cling ! La bande dessinée parle cash » rassemble près de 250 œuvres. Toutes mettent en avant différents personnages caractéristiques de la bande dessinée en lien avec l’argent.

Le voyage dans la pièce de monnaie

Invitation à un voyage à l’échelle atomique au cœur d’une pièce de monnaie, l’exposition s’ouvre sur Le voyage dans la pièce de monnaie. Épisode de la série Brick Bradford, créée par William Ritt (1901-1972) et Clarence Gray (1901-1957) en 1937, elle n’est plus éditée depuis plusieurs années. Plus qu’une introduction à la thématique de l’argent dans la bande dessinée, Lucas Hureau et Damien MacDonald œuvrent à la sauvegarde d’un patrimoine de la bande dessinée en montrant les œuvres au public. « Les gens ne connaissent plus Brick Bradford, alors que c’est une des œuvres les plus importantes », explique Lucas Hureau. Comme le scientifique et l’aventurier découvrant le foisonnement de la vie contenu par une pièce de monnaie, le public est invité à découvrir la multiplicité des représentations de l’argent dans la bande dessinée.

Une « exposition transgénérationnelle »

« On voulait une exposition transgénérationnelle qui parle autant à nos parents qu’à nos enfants ». Lucas Hureau expose une volonté de faire une exposition aussi à destination des enfants sur le sujet plus « adulte » de l’argent et de l’économie. L’exposition met en avant des héros qui ont traversé les générations comme Picsou ou Astérix. Que ce soient des spécialistes, des enfants ou des auteurs de bandes dessinées, tous les publics aiment se replonger dans les lectures qui les ont accompagnés et les découvrir autrement.

Le salon Dupré, grande salle de la Monnaie de Paris, donne à voir les huit archétypes de personnages de bandes dessinées en lien avec l’argent. Ils sont répartis en huit salles. Plutôt que de mettre en avant des thématiques, Lucas Hureau et Damien MacDonald ont voulu s’appuyer sur des personnages connus de tous, tels que Gaston Lagaffe ou Spirou.

L’économie de la bande dessinée

« C’était important pour nous de parler de l’économie de la bande dessinée ». Les artistes sont au cœur de l’exposition : les huit dessins illustrant les huit archétypes de bande dessinée en matière d’argent ont été commandés à des auteurs et autrices. Ugo Bienvenu, auteur du film d’animation Arco, a illustré la salle dédiée aux aventuriers. Il a aussi présenté un robot Mikki grandeur nature pour interroger la cryptomonnaie qui remet en question la valeur de la monnaie lorsqu’elle est dématérialisée. La salle des voleurs a été illustrée par Blutch, celle des épargnants par Coco, celle des milliardaires par Nicolas de Crecy et celle des alchimistes par Catherine Meurisse. Les faux billets de Monopoly jouent un rôle de transition entre la salle des joueurs, illustrée par Anouk Ricard, et celle des faussaires, illustrée par Thomas Ott.

La salle dédiée aux marginaux, imagée par Florence Cestac, met en lumière la vie des auteurs de bandes dessinées. Le Journal de Fabrice Neaud, dont certaines planches sont exposées, montre ses difficultés financières tout au long de son parcours d’auteur. Le message derrière l’exposition fait écho à l’enquête publiée en mars 2026 par les États généraux de la bande dessinée et qui fait état du travail des auteurs de bandes dessinées et de leur précarité.

Salomé Raucoule

Jusqu’au 6 septembre 2026

Monnaie de Paris – 11 Quai de Conti, 75006 Paris

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