Bob et moi : Bob Marley raconté par Alexandre Virapin

À la Scala, jusqu’au 21 avril 2026, Alexandre Virapin raconte comment Bob Marley a marqué sa vie et comment ses chansons l’ont fait grandir. Ce seul en scène qui fait du bien a été coécrit par Alexandre Virapin et Jules Meary.

Un one man show à deux voix

En nous invitant dans sa chambre d’enfant, Alexandre Virapin dévoile ses pensées intérieures et intimes, auxquelles le public peut s’identifier. Comment surpasser un chagrin d’amour ou comment trouver sa place dans le monde ? Ce sont là des questions humaines et communes qu’Alexandre Virapin rejoue dans ses interrogations d’enfant qui le rendent malheureux. Pourtant, en écoutant le reggae dont la rythmique vient du cœur, mais surtout le reggae de Bob Marley, Alexandre Virapin ne peut pas « s’empêcher de sourire ».

Il jongle entre sa propre histoire et celle de Bob Marley, nous offrant une biographie personnelle du chanteur à travers ses débuts et son groupe, The Wailers, ou encore à travers la tentative d’assassinat dont il a été victime et son cancer. Puis, Alexandre Virapin revient dans sa chambre où il écoute les chansons de Bob Marley qui lui apprennent à être heureux en se tournant vers les autres plutôt qu’en se focalisant sur son bonheur à lui.

Alors qu’il parle de Bob Marley en passant tantôt de la troisième personne du singulier à la première, Alexandre Virapin ne fait pas que nous exposer l’histoire du chanteur, mais il l’incarne. Cette confusion entre Bob Marley comme sujet de la pièce et Bob Marley comme rôle incarné dans la pièce rend l’histoire qui nous est contée plus vivante et témoigne de la passion d’Alexandre Virapin pour l’artiste. Lorsqu’il reconstitue le « One Love Peace Concert » de Bob Marley, Alexandre Virapin rejoue tous les détails des mouvements corporels et il laisse la bande son du concert parler alors qu’il « lip-sync ». Mais, surtout, il reconstitue le moment marquant où Michael Manley et Edward Seaga, deux opposants politiques en Jamaïque, se sont serré la main. Cette reconstitution a quelque chose de très poétique avec la danse et l’ombre de l’acteur projetée sur le mur.

Un dialogue

Alexandre Virapin nous offre une pièce qui est à la fois humoristique, poétique et très riche en informations historiques et biographiques. Sa passion pour le reggae transparaît dans la mise en scène où la célèbre émission C’est pas sorcier permet de faire un retour historique sur ce genre musical. Bob et moi devient une pièce de théâtre presque documentaire sur la vie de Bob Marley, la situation politique de la Jamaïque et le mouvement rastafari.

Alexandre Virapin brise, par moment, le quatrième mur pour interagir avec le public et dévoiler les « coulisses » de son spectacle. Il présente le travail des lumières et du son dans Bob et moi, puis il nous questionne. Il fait jouer toutes les voix, de la plus personnelle à la plus collective. Il parle de son histoire d’enfant, de celle d’une dame du public qui a pu voir Bob Marley en concert au stade Mayol en 1980, ainsi que de celle de Bob Marley et celle de la naissance du reggae en revenant à l’esclavage.

Alexandre Virapin nous communique du bonheur à la manière dont Bob Marley lui en a procuré lorsqu’il était encore dans sa chambre d’enfant. Il entame Redemption Song et Jules Meary, présent sur scène depuis le début pour s’occuper du son, mais jusque-là silencieux, sort de son mutisme pour rejoindre Alexandre Virapin et nous inviter à chanter nous aussi.

Salomé Raucoule

Ecriture : Alexandre Virapin et Jules Meary ; Interprétation : Alexandre Virapin ; Mise en scène : Jules Meary ; Création lumières : Benoît Brochard – Durée : 1h30

Jusqu’au 21 avril 2026

La Scala – 13 Boulevard de Strasbourg, 75010 Paris