Le ravissant théâtre de la tour Eiffel accueille jusqu’au 29 mars 2026 la comédie délicieusement déjantée Mon royaume pour un poney. Portée par une équipe de personnages hauts en couleur, la pièce raconte les tentatives rocambolesques de mise en scène de l’emblématique pièce de Shakespeare, Richard III.

Mais ce n’est pas chose facile quand on perd sa tête d’affiche au tout début de la création de la pièce ! Et les choses se corsent d’autant plus avec une telle équipe…
Du côté de la direction, on a Philippe (Mathieu Rozé), le metteur en scène débordé mais motivé, opprimé par son producteur (Christophe Fluder), pour qui la mise en avant de son entreprise de meubles n’a pas de prix. Face à eux se dresse un trio d’acteurs tout aussi truculent : une tragédienne (Miren Pradier) en crise nerveuse permanente et amoureuse du grand « Art », un comédien (Andy Cocq, qui était délicieux dans Les Producteurs) de comédie musicale qui essaye d’immiscer des chansons à tire-larigot dans la pièce, et un acteur (Jean Marie Lecoq) politiquement engagé pour le respect des droits du théâtre français. On ne peut pas se permettre d’oublier la délicieuse (mais pingre) directrice de théâtre (Denis d’Arcangelo) au désir charnel instoppable, qui ne semble pas pouvoir s’arrêter de jouer les troubles fêtes.
Cette recette de personnalités est explosive, et mène à de nombreuses disputes et versions de Richard III. Les idées fusent de tous sens et les réinterprétations montent en crescendo en absurdité (parallèlement à l’hilarité générale) On salue l’inventivité de Gwen Aduh qui a su trouver des pépites d’ingéniosité pour réussir à avoir une baraque de frites géante, des jingles de meubles miniatures et des accents du Sud dans un drame Shakespearien.
Mon royaume pour un poney surprend par sa capacité à proposer des réinterprétations complètement burlesques de Shakespeare, tout en faisant chanter ses spectateurs et sous-entendre un message sur la difficulté de concilier rentabilité, égo et art.
En tout cas je n’avais pas prévu de voir des poneys volants dans Richard III, et je vous avoue ne pas être déçue, bien au contraire !
Clara Alle
Jusqu’au 29 mars 2026
Théâtre de la Tour Eiffel, 4 Square Rapp 75007, Paris
Du mardi au vendredi à 20h30, Samedi à 18h30 ou 21h, Dimanche à 17h30
