L’histoire de la beauté coréenne à découvrir au musée Guimet

K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène ouvre à l’occasion des 140 ans des relations diplomatiques entre la Corée et la France. De l’ère Joseon à aujourd’hui, Claire Bettinelli et Claire Trinquet Soléry, commissaires de l’exposition, invitent le public à parcourir la montée de l’influence de la K-Beauty dans le monde.

K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène s’inscrit dans une démarche du musée Guimet qui, tous les deux ans, consacre une année à la découverte d’un pays d’Asie au travers d’expositions et d’événements. En 2024, c’est la Chine qui était mise à l’honneur et, cette année, c’est la Corée. Entre conférences, ciné-concerts, spectacles, ateliers de calligraphie coréenne ou encore éveil musical face aux œuvres pour les plus petits, le musée propose une programmation très riche pour découvrir la Corée. Une exposition autour des trésors du royaume Silla, créé en 57 avant notre ère, est prévue pour mai 2026. Alors que la culture coréenne rayonne à l’international grâce à la musique et au cinéma, les gammes de produits de beauté coréennes gagnent aussi en influence.

La beauté dans l’histoire

La beauté coréenne s’est construite autour de certains principes concernant le teint pâle, les sourcils arqués, les yeux en amande ou encore les lèvres rouges. La transmission de cet idéal de beauté est en grande partie assurée par l’œuvre de Shin Yun-Bok, peintre qui a vécu au XVIIIe et XIXe siècle. Il a notamment peint des courtisanes (gisaeng) dont les représentations se retrouvent encore aujourd’hui dans les romans graphiques (manhwa et webtoons) ou dans le cinéma. C’est le cas de La Manche rouge, un webtoon qui prend place à l’ère Joseon et qui met en scène une histoire d’amour entre un roi et une jeune fille entrée au service de la famille royale. Les images du webtoon défilent et montrent un personnage féminin avec une peau pâle, des lèvres rouges, mais aussi avec une coiffure traditionnelle et un hanbok, vêtement traditionnel coréen.

Le hanbok, composé d’une veste et d’un pantalon pour les hommes et d’une veste et d’une jupe pour les femmes, se retrouve dans des peintures, des photographies et sur des mannequins. Les tenues ont été réalisées par Lee Young-Hee, designer de mode sud-coréenne qui s’inspire de l’habit traditionnel coréen pour expérimenter et faire des créations contemporaines. Dans la même salle, des norigae, pendentifs fixés à la ceinture des femmes, sont exposés. Encore aujourd’hui, le hanbok est présent dans la mode, comme en témoigne la robe inspirée de l’habit traditionnel coréen, prêtée par Chanel et présentée dans la dernière salle de l’exposition.

Supports divers et soin

K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène met en avant la beauté coréenne au travers d’objets et d’œuvres variées, anciennes et contemporaines. Elle rassemble des produits de beauté de l’ère Joseon et d’autres plus actuels comme avec des produits Erborian, marque de cosmétiques franco-coréenne. L’exposition mêle peintures, photographies, vidéos et vêtements. Les cosmétiques sont représentés dans des publicités, ainsi qu’au travers de boîtes à poudre ou de pots à onguents. L’importance de l’apparence s’illustre aussi dans la coiffure avec des accessoires comme un ornement de chignon, ainsi que dans le vêtement avec un coffre à vêtements féminins incrusté de nacre.

La beauté coréenne est réputée pour le caractère esthétique du maquillage, mais aussi pour l’importance qui est donnée au soin. Le Donguibogam est un manuel médical compilé par le médecin Heo Jun en 1613 qui recense des diagnostics, des remèdes et des soins quotidiens au travers de l’hygiène et des cosmétiques qui contribuent à prendre soin du corps.

D’influencée à influenceuse

Dans les années 20 et 30, l’idéal de beauté coréenne évolue sous l’influence de l’Occident avec le teint plus hâlé et l’évolution des silhouettes dans les vêtements et les coiffures. Les robes sont plus courtes et moulantes, mais, dès 1940, le style américain se mélange aux ombrelles, symbole d’un retour à l’idéal du teint pâle. L’influence occidentale qu’on retrouve principalement dans les vêtements se mêle à des éléments coréens. Dans Listening, le peintre Kim In-Soong mélange des éléments coréens typiques comme le mobilier ou la jarre lune avec des éléments occidentaux comme la robe ou le tourne-disque.

La K-Beauty s’est développée entre tradition et modernité, comme en témoigne le pot de crème de la marque Sulwhasoo qui reprend la forme d’une jarre lune à côté de laquelle il est exposé. Cet héritage, c’est aussi ce que met en avant Yuni Kim Lang dans sa photographie Woven Identity I. Beauté, mode, cinéma et musique coréens sont intimement liés dans le rayonnement de la culture coréenne à l’échelle mondiale. Felix Youngbok Lee, membre du groupe de K-Pop Stray Kids, a défilé pour Louis Vuitton à l’occasion de la collection femme automne-hiver 2025. Cela marque une évolution d’un idéal de la beauté qui est davantage androgyne.

Salomé Raucoule

Jusqu’au 6 juillet 2026

Musée national des arts asiatiques Guimet – 6 Place d’Iéna, 75116 Paris

https://www.guimet.fr/fr/expositions/k-beauty-beaute-coreenne-histoire-dun-phenomene