Dans le quartier du Marais, Lafayette Anticipations présente actuellement deux expositions qui proposent des approches très différentes de l’image et de l’objet. D’un côté, « Prom », l’artiste italien Diego Marcon transforme le lieu en espace de projection. De l’autre, Ladji Diaby avec « Who’s gonna save the world » construit une installation à partir de meubles chinés.

Un espace de cinéma transformé
Avec « Prom », Diego Marcon investit la fondation en la transformant en une salle de projection. L’espace reprend les codes du théâtre à l’italienne et modifie la manière de regarder. Les films sont présentés selon un rythme cinématique, ce qui impose au visiteur une durée et une attention différentes. Le projet est conçu sous le commissariat de Rebecca Lamarche-Vadel, avec une architecture pensée par Andrea Faraguna, Camilla Morandi et Ari Diamond-Topelson.
Quatre films structurent le parcours : The Parents’ Room (2021), Dolle (2023), La Gola (2024) et Krapfen (2025). Chacun se déroule dans des espaces fermés, souvent domestiques, où les relations entre les personnages prennent une dimension particulière. Les situations restent simples en apparence, mais elles installent un climat ambigu.



Après la projection des films, le parcours se prolonge avec une présentation des éléments utilisés lors de leur réalisation. Le public découvre ainsi les prothèses, les accessoires, les mobiliers, les animatroniques et différents objets qui ont servi à construire les images. Leur présence permet de comprendre concrètement les procédés de fabrication et de voir ce qui reste habituellement caché.


Une installation construite à partir d’objet chiné
À quelques étages de là, « Who’s Gonna Save The World ? » de Ladji Diaby propose une approche différente. L’exposition est pensée sous le commissariat de Ben Broome. Elle prend la forme d’une installation composée d’objets récupérés, assemblés et transformés. Ces éléments proviennent à la fois de son environnement personnel et d’objets trouvés.
L’espace est marqué par une accumulation de formes et de matières. On distingue des fragments de culture populaire, des objets liés à des pratiques spirituelles et des éléments plus intimes. L’ensemble ne suit pas une organisation fixe. Il se construit par associations.



Ces deux expositions montrent deux manières de travailler aujourd’hui. Chez Diego Marcon, le récit passe par l’image en mouvement et une mise en scène précise. Chez Ladji Diaby, il se construit à partir d’objets et de relations entre les éléments.
Cynthia Bellanger,
Jusqu’au 19 juillet 2026
Lafayette Anticipation, 9 rue du Plâtre, 75004 Paris
Du mercredi au dimanche de 11h à 19h – Entrée libre et gratuite
