GemGenève : une dixième édition brillante de talent et de découvertes

It Art Bag a assisté à la 10ème édition de GemGèneve, l’un des plus grands rassemblements de gemmologues, vendeurs de pierres, de designers et de futurs meneurs de la joaillerie.

GemGenève est le fruit d’une rencontre entre deux familles d’antiquaires qui ont voulu créer un salon qui leur ressemblait, par sa qualité et par sa convivialité. Ils avaient à cœur de mettre en avant les jeunes étudiants du monde joaillier et pouvoir leur donner un lieu pour s’exprimer et échanger avec leurs aînés.

Les exposants sont triés sur le volet car GemGenèvese veut un salon chaleureux ou la convivialité et l’élégance priment. Les heureux élus sont au nombre de 250 et exposent des pierres chatoyantes, des splendides créations et des pièces d’antiquaires. Tout cela est dans un écrin épuré aux tons glaciaires du blanc au bleu. Il fait bon déambuler au milieu de tant de beauté et côtoyer des pièces signées Belperron, Van Cleef & Arpels ou Cartier. On pouvait noter que les diamants étaient extrêmement présents et brillaient de toutes leurs formes et surtout de toutes leurs couleurs. Les béryls de taille impressionnante étaient aussi mis à l’honneur.

Le salon se veut aussi interactif et propose une programmation de conférences passionnantes autour du monde des gemmes. Nous avons pu assister à la conférence très enrichissante de Katarina Perez qui présentait les 10 règles d’or pour vendre ses gemmes sur Instagram. Il y avait aussi au menu des remises de prix de gouache joaillière et de design, qui mettaient en avant la folle créativité de jeunes designers. Tout cela est entouré par des ateliers où l’on peut tailler sa propre opale encadrée par l’équipe de Stardust Opals, ou bien même réaliser son propre gouaché. Nous avons pu participer à l’atelier du Musée des gemmes de Singapour qui rassemblait tous les âges autour de la fabrication et personnalisation de pendentifs.

Ce qui nous a particulièrement plu est le « village des designers », qui, par son agencement fort agréable, enjoignait les visiteurs à dialoguer avec les créateurs et leurs magnifiques créations. Nous avons pu retrouver les pièces oniriques d’Hemera qui dévoilait une époustouflante broche en or blanc parée d’une tourmaline et de 107 diamants et de 79 saphirs. Cette dernière impressionnait par sa beauté mais aussi par la virtuosité technique de marqueterie nécessaire à l’utilisation de paille aux tons bleus qui couronne l’étoile. Chaque écaille de paille tressée est remplaçable donc amovible. Elle représentait le logo de l’enseigne, celle de l’étoile de la création qui apparaît au point de rencontre entre le client et Hemera. Chaque œuvre est le fruit d’une discussion intime entre le client et l’équipe créative de la « Maison d’art » et traduit dans les plus petits détails une histoire personnelle embellie par l’imagination de Florian Pitou. Tous les matériaux doivent porter une intention pour justifier leur utilisation. Cette délicatesse et attention au détail peut être retrouvée dans la première création d’Hemera, une minaudière faite de crocodile Nilus dont le dessous est légèrement fumé pour faire ressortir les ongles de l’heureuse élue qui le porte.

Nous avons poursuivi notre visite par une plongée dans l’univers coloré et nostalgique d’Awin Siu, qui présentait 10 ans de création dans une vitrine et nous invitait à pousser la porte de son imagination faite de pierre précieuses, de titanium coloré et d’émail. La designeuse a voulu mettre en avant des souvenirs d’enfance sublimés. Les références aux souvenirs universels précieux de l’enfance se retrouvent à travers les quatre collections exposées. La bille de verre, qui lors de notre enfance était synonyme de joie et de préciosité (au contraire de nos parents qui la considéraient comme interchangeable et avec peu de valeur) se retrouve montée sur une bague où trône un rubis miroitant. Elle côtoie des poissons se mouvant à travers des algues précieuses et des pistolets rappelant ceux de Buzz L’éclair en pierres précieuses. On a très envie d’admirer et de croquer dans les fantastiques bonbons sertis de gemmes.

Notre dernière surprise fut la découverte d’Osmium Jewellery, un exposant proposant un métal novateur : l’Osmium. En tenir un petit morceau donnait l’impression d’avoir un petit morceau d’une nuit étoilée au creux de notre paume. Aux tons bleutés et veloutés d’une obscurité profonde, l’Osmium brille et intrigue par son origine scientifique (qui a pris beaucoup de temps à être développée) et par son poids. Quand on passe son doigt sur la surface du métal, on pourrait penser que l’Osmium est rugueux, mais au contraire il est doux et agréable au toucher. Il est particulièrement mis en beauté serti dans de l’or blanc. Apprécié par le monde du design des bijoux, il cherche à conquérir le monde de la haute joaillerie et sponsorait un concours de création de design avec l’Osmium comme ingrédient clé.

GemGenève présentait aussi une exposition nommée « Shaping matter, enhancing beauty » qui mettait en avant la néphrite et la jadéite ouvragées en de sublimes vases ou vasques. L’exposition souhaitait rappeler les gestes techniques de la production de telles pièces grâce à des pièces venues des quatre coins du monde.

Si vous êtes passionnés de gemmes ou simplement curieux de découvrir ce monde, n’hésitez pas à regarder les conférences disponibles en ligne (sur Youtube) et à suivre l’actualité du salon en attendant la prochaine édition qui sera du 11 au 14 mai 2027. Ce qui est sûr c’est que même si vous n’êtes pas un spécialiste, vous en reviendrez les yeux brillants de mille feux.

Clara Alle