Du 5 juin au 23 aout 2026 se tient au Palais de la Porte Dorée l’exposition « Aux origines : regards croisés sur le racisme et les discriminations », une exposition retraçant les origines et les mécanismes de discriminations dans la société et les institutions, que ce soit dans l’accès au logement, à l’éducation, à l’emploi ou aux droits.
Le nom « aux origines » renvoie à une double dimension d’une même problématique : à la fois traiter de l’origine du racisme ainsi que du racisme lié aux origines.
Cette exposition est d’une importance cruciale de nos jours pour apprendre à déconstruire les comportements conscients et inconscients que nous pouvons avoir au quotidien. Elle porte aussi une forte symbolique, prenant place dans le bâtiment construit pour l’Exposition coloniale de 1931.
La démarche du Palais de la Porte Dorée pour cette exposition a été de faire dialoguer deux régimes de vérité : les analyses scientifiques issues de l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques), du Défenseur des Droits et du projet de recherche européen UNDETERRED, d’une part, avec, d’autre part des travaux artistiques, pour mettre en lumière à la fois des expériences relevées et des expériences vécues.
Ainsi, en accompagnant les études scientifiques avec les œuvres, un déplacement des regards s’opère : les victimes ne sont plus de simples objets d’études mais deviennent de véritables sujets, des acteurs et actrices architectes de leurs propres vies.
Pour ce faire, le Palais de la Porte Dorée a fait appel à plusieurs spécialistes de la question. Tout d’abord la commissaire d’exposition Farah Clémentine Dramani-Issifou qui a l’habitude de traiter de tels sujets. Elle tend à faire dialoguer archives, mémoires et création artistique contemporaine dans une approche transdisciplinaire. Elle est accompagnée par Olivier Bedoin, chargé d’exposition au Musée national de l’histoire de l’immigration et fait communiquer sa perspective artistique avec le conseil scientifique notamment constitué de Patrick Simon, socio-démographe à l’INED et de Jacques Toubon.
Un des défis pour cette exposition était de ne pas réexposer les problèmes traités et de ne pas répéter accidentellement un schéma discriminatoire, ce qui n’aurait pas su faire se questionner correctement le public, voire qui aurait pu le conforter dans certaines idées reçues. Un autre défi était de donner une énergie, un élan, malgré les sujets évoqués. Le but est à la fois de rendre compte de réalités difficiles que certaines personnes subissent sans les sous-estimer, et à la fois de ne pas déprimer les visiteurs mais de leur donner une impulsion à agir et à changer. Il a fallu rendre compte de ces violences avec plus de légèreté. Sans parler bien sûr du défi évident de devoir parler de racisme, de discriminations, de génocides, dans un bâtiment aussi particulier que celui du Palais de la Porte Dorée, bâtiment chargé de toutes ses problématiques.
Ces défis semblent relevés : toute l’exposition est d’une grande délicatesse sans minimiser les sujets traités. C’est une visite dense, rassemblant une vingtaine de nationalités différentes qui créent une véritable polyphonie aussi bien culturelle que plastique, qui racontent les discriminations à travers les yeux de ceux qui les vivent, rassemblant un équilibre de sensibilité et d’engagement. L’exposition peut être comprise de multiples manières, aussi bien à travers le sensible, l’émotion, que par le biais des recherches scientifiques.
« Aux origines : regards croisés sur le racisme et les discriminations » est séquencée en trois parties : d’abord « défaire l’ordre du regard », suivie par « Des droits empêchés. Racisme et discrimination dans les institutions » pour terminer avec « L’assemblée des vivants » qui est une source d’espoir en fin de visite, un regain d’énergie pour agir.
L’exposition étant en partenaire avec l’Union Européenne, elle va voyager en France et à l’international afin de déconstruire les regards de plusieurs nations, rappelant que le monde entier est concerné par ces problématiques et qu’il est de notre ressort à présent de changer la manière dont nous accueillons les différences des autres.
Elisa Camus
du 5 juin au 23 août 2026
Palais de la Porte Dorée, Musée de l’histoire de l’immigration et Aquarium tropical, 263 avenue Daumesnil, Paris 12e
Mardi au vendredi de 10h à 17h30 – Samedi et dimanche de 10h à 19h