Au Festival de Cannes, il existe des lieux qui semblent obéir à leurs propres règles, loin des flashs des photocall officiels et du calendrier des avant-premières. Où l’on fait les rencontres les plus intéressantes, où l’on participe aux conversations les plus inattendues et où l’on débute de nouvelles collaborations créatives.
Durant ce 79ème Festival de Cannes, en mai 2026,la Villa Paris Fashion Air s’est imposée comme l’une de ces rares destinations.
Au fil des ans, le Festival de Cannes est devenu un phénomène culturel mondial où convergent, au-delà du 7ème art, la mode, le design, le business et la pensée contemporaine.
Le Festival de Cannes attire aussi des collectionneurs, artistes, designers, influenceurs, créateurs, entrepreneurs…et même des anges !
Prolongement naturel de l’esprit moderne du Festival de Cannes, la Villa Paris Fashion Air a accueilli une communauté internationale unie par une même sensibilité pour la beauté, la créativité et les échanges culturels porteurs de sens. Cocktail, soirées, défilés de mode, brunch, se sont succédés sans interruption (avec les partenaires de Thet Cremant, Bodvár Wine, Or Noir Caviar, Champagne D.Rock et Boxing Champions Foundation Lalonde Family).
Parmi les moments forts, on retiendra les défilés de mode de Veronika Jeanvie, Mariano Moreno, Yanis Stepanenko Haute Couture, sublimés par les bijoux Allard Jewelry et les sacs à main Thalie Paris.
Chaque collection offrait sa propre interprétation du luxe contemporain. Les silhouettes architecturales arboraient de précieuses étoffes mises en forme avec un savoir-faire méticuleux, dans un élégant dialogue entre tradition et modernité.
Lors de l’inauguration de la Villa Paris Fashion Air, nous avons assisté au défiléVeronika Jeanvie, dont la collection était sublimée par les créations exquises d’Allard Jewelry. Ces pièces de haute joaillerie ont apporté une touche finale absolue, confirmant que le véritable luxe se niche toujours dans les détails.
Veronika Jeanvie est une créatrice de mode d’origine ukrainienne établie à Paris. Elle s’est imposée dans l’univers de la Haute Couture grâce à des robes de mariée et des tenues du soir.
Formée sous l’aile et le mentorat du célèbre couturierPaco Rabanne, elle a su développer une signature unique. Son style allie poésie, audace et lignes ultra-féminines. A la fois sensuel et sophistiqué, il se distingue par un travail minutieux des matières : dentelles précieuses, superpositions subtiles et jeux de textures.

Veronika Jeanvie met désormais sa notoriété au service de la création avec Paris Fashion Air. Organisé en marge de la Paris Fashion Week, cet événement visionnaire propulse les designers du monde entier sur la scène internationale. Un projet d’envergure qu’elle enrichit avec la Villa Paris Fashion Air, imaginée et orchestrée en collaboration avec Tito-San.
Au défilé de Mariano Moreno, créateur de mode espagnol, sa vision avant-gardiste et écoresponsable de la haute couture et de la mode nuptiale a été remarquée.
Avant de lancer sa propre maison, Mariano Moreno a forgé son savoir-faire pendant près de 15 ans au sein de grandes maisons de luxe, notamment : Givenchy, Lanvin et Chloé à Paris, Pronovias et Rosa Clara à Barcelone.
Fort d’une formation initiale en ingénierie et design en Allemagne, il associe la rigueur technique à la poésie de la couture.
Mariano Moreno conçoit la mode comme un dialogue entre l’architecture, la durabilité et l’émotion. Issu d’une famille d’architectes, ses silhouettes intègrent des volumes sculpturaux et des coupes ultraprécises, parfois directement inspirées de monuments (comme sa robe hommage à la Sagrada Família de Gaudí).
Après un lancement remarqué de sa marque éponyme à la Barcelona Bridal Fashion Week en 2024, il a fait ses débuts parisiens en janvier 2025 avec sa collection haute couture intitulée Archives. Sa griffe propose aujourd’hui de la haute couture sur mesure, du prêt-à-porter de luxe et des accessoires exclusifs.


L’art contemporain régnait aussi en maître à la Villa Paris Fashion Air.
Venant d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, les artistes ont présenté un panorama éclectique — entre photographies, art abstrait et figuratif, sculptures et œuvres en techniques mixtes — reflétant avec justesse la diversité et la vitalité de la scène artistique internationale. Cette exposition était orchestrée par la commissaire Anna Sashina.

Parmi les exposants figuraient Eva March, Elena Ivskaya, Daring Daria, Fabrice Chiri, Josef Fischer, Lina Khei, Karinne Grimaud, Marusya Ogorodnikova, Molly Winckelmans, Nico Biso, Tatiana Perreard, Vivian Wang et Zoey Essart.
Tout au long de la semaine, les invités ont pu contempler ces œuvres et échanger personnellement avec leurs créateurs, donnant vie à ce dialogue culturel si cher à l’esprit cannois.
Au cœur de cette effervescence artistique, la rencontre avec Karinne Grimaud s’est révélée captivante. Elle s’est faite à l’occasion du brunch que donnait Casting Bridge, une communauté sans frontières créée en 2019, qui connecte les acteurs, directeurs de casting, agents et producteurs à travers Los Angeles, Londres, Paris et Amsterdam.

Peintre française intuitive et autodidacte, Karinne Grimaud est une amoureuse de la vie, habitée par le culte du bon et du beau.
Elle aime lorsque son art croise le chemin de l’élégance et de la mode, transformant l’acte de création en une vibrante expérience esthétique et émotionnelle.
L’artiste présentait à la Villa Paris Fashion Air sa collection de peintures intitulée Le Souffle de l’Âme ; un concept aussi poétique que fascinant : Karinne Grimaud dépose la couleur sur la toile puis, d’un souffle, donne vie à l’imprévisible. De ce geste intime naissent des fleurs éthérées, des volutes légères, des espaces sidéraux…selon l’interprétation et la sensibilité de chacun. Une signature artistique unique, qui insuffle à chaque œuvre une énergie singulière.

Une autre rencontre singulière fut celle avec Aarne Lehti. Ce jeune finlandais portait des lunettes de soleil aussi originales qu’esthétiques, issues de sa collection Irregalia, une collection de lunettes de soleil asymétriques entièrement faites main.
L’idée d’Irregalia est née il y a trois ans, lorsqu’il est tombé sur un livre de peintures de Salvador Dalí. Il a commencé à dessiner des montures, sachant exactement quelle vision il voulait donner à la vie, sans en avoir encore les compétences. Pour apprendre, il a poussé la porte de boutiques d’opticiens locaux à Helsinki et a travaillé gratuitement en échange de leur savoir. L’une de ses mentors, Aila Koski-Vähälä, était spécialisée dans la conception de lunettes pour enfants handicapés ayant des structures faciales uniques, ce qui a renforcé son ambition : concevoir des montures asymétriques mettant en valeur la beauté unique de ce que d’autres pourraient considérer comme des imperfections.
Des lunettes qui se situent à la croisée de la fonction et de l’art, oscillant entre féminité et masculinité, classicisme et expérimentation, symétrie et asymétrie.
Villa Paris Fashion Air nous avons été séduits par la collection de foulards présentée par Bartok design, une collection composée de cinq modèles représentant chacun l’un des cinq éléments.
La carpe, symbole par excellence de l’esthétique chinoise et japonaise, incarne un puissant mélange de courage, de persévérance et de détermination. Cet imaginaire prend sa source dans une légende chinoise, très populaire au Japon, qui raconte l’histoire d’une carpe nageant inlassablement à contre-courant. Après avoir franchi d’un bond la cascade mythique de la Porte du Dragon, elle est transformée en dragon en guise de récompense pour son effort héroïque.
Ce mythe a fait de la carpe une métaphore de la résilience face à l’adversité et de la réussite, une qualité souvent comparée à l’esprit indomptable du samouraï. Des artistes tels que Katsushika Hokusai et Utagawa Hiroshige ont magistralement capturé l’énergie dynamique de ce poisson. Il symbolise aussi la bonne fortune et la fertilité.
Bartok Design a été fondée par Iacopo Torrini, un architecte italien qui vit au Japon depuis 1998. et exporte des baignoires en hinoki (cyprès japonais) fabriquées artisanalement dans la vallée de Kiso, au centre du Japon. En 20 ans, plus de 1 000 baignoires ont été envoyée dans 49 pays à travers le monde…et ça continue ! La compagnie a aussi développé une ligne de vêtements, accessoires, mobilier et décoration.
Tout au long de ce 79ème Festival de Cannes, la Villa Paris Fashion Air s’est affirmée comme une plateforme d’émulation créative où l’art s’affranchit des galeries, la mode devient un manifeste culturel, et une simple conversation sur une terrasse ensoleillée peut sceller le début d’une nouvelle aventure artistique.
C’est là sans doute que réside l’essence même du Cannes d’aujourd’hui et la véritable promesse de L’Art de la Rencontre.
Carine Géliot