Au théâtre des Deux Ânes, Le dîner de cocus met tout à plat

Dans une comédie de boulevard qui ne réinvente pas le genre, Jacques Gay nous convie à la table de ce Dîner de cocusoù les plats sont servis froids. Lorsqu’ils ne sont pas lancés à la figure. Dans un registre comique et musical, deux couples se déchirent avant que l’amour ne triomphe. Jusqu’en fin d’année au théâtre des Deux Ânes. 

En amour, il faut savoir passer à table. Servir sans se servir. Jouer la franchise. Ce n’est pas la volonté de Gilles (Jacques Gay) qui ment à sa femme alors qu’elle le surprend pourtant au téléphone, appelant son interlocuteur « ma chérie ».

Le dîner de cocus débute par une scène de ménage classique. Mais ne s’arrête pas là. Il n’y a pas de grand méchant loup : tout le monde est fautif ; chacun a ses problèmes, ses moments de faiblesse. Il en va de même pour le professeur de gymnastique de madame qui entretient un rapport acrobatique avec cette dernière… Et la femme de ce dernier, qui rend visite à cette même Hortense (Raphaelle Farman), psychologue.

 « Si tous les cocus avaient des clochettes »

La praticienne a bien du mal à se contenir. Finalement, tout le monde aurait bien besoin d’une petite séance. Pour démêler ce nœud de conflits, un dîner est organisé. Qui ne se passe pas comme prévu. Les fautes de Gilles passent au second plan : dans ce tour de table, tout le monde y passe. Tout le monde est cocu.

Dans une mise en scène très propice aux quiproquos, la pièce trouve sa singularité dans son penchant musical assumé. Chaque personnage, à un moment donné de l’histoire, se met à chanter. Raphaëlle Farman, des trémolos dans la voix, use de ses cordes vocales pour appeler au calme, tandis que Jacques Gay joue les confidences à l’image d’un « Je n’ai pas changé », déclamé à terre.

Le fond sonore est complété par une joyeuse bande son « cabaret » des années 30. George Milton et son « Si tous les cocus avaient des clochettes », ponctue les différentes scènes. Et en fin de spectacle, l’on sonne aussi Serge Lama et ses « petites femmes de Pigalle« . C’est le libertinage et le badinage décomplexés qu’affirment les couples sur les planches. En amour, il faut savoir passer à table. Sans obligation de prendre toujours le même menu.

Gabriel Moser

Tous les samedis à 17h30 et dimanches à 18h.

Théâtre des Deux Ânes. 100, boulevard de Clichy, 75018 Paris,

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