Le Conservatoire Rachmaninoff de Paris a récemment accueilli la romancière et pianiste Marina Yaloyan à l’occasion d’une rencontre consacrée à son premier roman, La Petite Pianiste d’Erevan, paru chez Albin Michel.
Dans ce lieu emblématique de la culture musicale russe à Paris, l’auteure a proposé un moment d’échange autour d’un ouvrage qui explore l’effondrement de l’Union soviétique à travers le regard d’une enfant. Une thématique qui trouve un écho particulier dans un espace où la musique et la transmission occupent une place centrale.
Avec La Petite Pianiste d’Erevan, Marina Yaloyan nous plonge dans l’Arménie de 1991. Au cœur du récit, Verochka, jeune pianiste talentueuse, grandit dans une famille d’intellectuels communistes alors que le monde qu’elle connaît est en train de disparaître. Les pénuries, les bouleversements politiques et les fractures familiales s’immiscent peu à peu dans son quotidien. Face à cette réalité, la musique devient un refuge, mais aussi un moyen de comprendre un univers en pleine mutation.
Ce premier roman séduit par son angle original : raconter un moment historique majeur à hauteur d’enfant. À travers les yeux de son héroïne, Marina Yaloyan donne une dimension intime à la chute d’un empire et aux conséquences humaines qui l’ont accompagnée pour des millions de familles à travers l’ex-URSS.
Marina Yaloyan, aujourd’hui installée en France, puise dans un héritage multiculturel nourri par l’Arménie, la Russie et les États-Unis. Cette richesse de parcours transparaît dans un récit où se croisent mémoire familiale, identité et passion musicale.
La rencontre au Conservatoire Rachmaninoff a permis de mettre en lumière les liens étroits entre littérature et musique qui traversent le roman. Plus qu’un simple décor, le piano accompagne l’évolution de la jeune héroïne et devient le symbole d’une quête de liberté au milieu du chaos.
À travers ce premier livre remarqué, Marina Yaloyan signe un récit sensible sur l’enfance, la transmission et la résilience. Une lecture qui intéressera autant les amateurs de romans historiques que ceux qui apprécient les histoires où l’art devient une manière de survivre aux bouleversements du monde.
À propos de l’auteure
Née en Arménie et élevée entre la Russie, les États-Unis et la France, Marina Yaloyan a construit un parcours à la croisée des cultures, des langues et des récits. Diplômée de l’UCLA et major de l’Université de Columbia à New York, elle a travaillé comme journaliste avant de se consacrer à des fonctions liées aux affaires internationales et à l’enseignement de la géopolitique à HEC Paris. Écrivain depuis l’enfance et passionnée de musique classique, elle explore dans son œuvre les thèmes de l’exil, de la mémoire et des bouleversements historiques. La Petite Pianiste d’Erevan, publié chez Albin Michel, est son premier roman et ouvre un cycle consacré aux destins familiaux confrontés aux fractures du XXᵉ siècle.
Entre roman d’apprentissage, chronique familiale et fresque historique, La Petite Pianiste d’Erevan s’impose comme l’une des belles découvertes littéraires de ce printemps. La critique salue un récit lumineux et bouleversant qui fait revivre, à hauteur d’enfant, l’effondrement de l’URSS. À travers la musique, l’exil et la mémoire, Marina Yaloyan compose une histoire sensible et universelle, portée par une écriture élégante et profondément incarnée. Un premier roman qui donne autant à réfléchir qu’à ressentir, et qui mérite assurément une place dans votre bibliothèque.
Elena Sokhoshko
https://www.albin-michel.fr/la-petite-pianiste-derevan-9782226512505