Le merveilleux de la programmation 2026/2027 à l’Opéra de Toulon

En cette rentrée 2026, l’enfance entre en scène avec Maurice Ravel à l’Opéra de Toulon. Fantaisie lyrique en deux parties sur un livret de Colette, créée à Monte-Carlo en 1925, l’enfant et les sortilèges a déployé son étrange alchimie au Zénith. Une œuvre singulière, fulgurante où la musique a transformé le réel.

Une enfant boude ses devoirs, maltraite livres, mobiliers, animaux. Alors le monde se rebiffe. La princesse sort de son histoire, les nombres s’animent, la théière chante, l’horloge s’éveille, les chats, inquiétants, s’en mêlent. Puis vient le jardin à la tombée du jour. Arbres, fleurs, insectes, créatures composent un immense théâtre de la métamorphose. Maurice Ravel fait ici circuler une palette musicale d’une prodigieuse richesse, passant de la comptine à la valse, du jazz à la musique savante, du murmure à l’ensemble du chœur de l’Opéra de Toulon.

La mise en scène de James Bonas prolonge cette intention par une rencontre organique entre corps, animation et musique. Grégoire Pont a conçu l’image comme du vivant. La projection mapping prolonge le geste. L’image a quitté son statut d’illustration pour entrer dans la partition.

La scénographie de Thibaut Vancraenenbroeck, les lumières de Christophe Chaupin ainsi que les costumes participent à cette architecture mouvante. Une scène plongée dans l’obscurité accueille les apparitions comme autant de surgissements, tandis que le jardin devient progressivement un monde animé. Le spectacle avance alors comme une composition visuelle avec ses motifs et ses reprises.

À la baguette, le talentueux Victorien Vanoosten dirige l’orchestre et le chœur de l’opéra de Toulon. Victoire Bunel incarne l’enfant, entourée d’une distribution qui fait de chaque personnage une couleur vocale. Et lorsque l’écureuil blessé provoque chez l’enfant, un premier geste de compassion, la musique change de nature. Le tumulte laisse place au pardon avec une dimension presque sacrée. L’enfance vient d’apprendre à écouter. La magie, elle, possède depuis longtemps la musique pour langage.

La musique poursuivra cette traversée des répertoires et des formes. Après Ravel et Stravinsky, les pêcheurs de perles de Bizet, prendront place au zénith les 29 et 31 décembre, avant les grandes pages italiennes, consacrée à Donizetti, Verdi et Puccini, au palais, Neptune, en janvier 2027. Stravinski reviendra avec histoire du soldat au théâtre liberté en mars, suivi de Don Carlo de Verdi en version de concert, puis de le tour d’écrou de Britten en mai. La saison lyrique s’achèvera avec Don Giovanni de Mozart à Châteauvallon en juin. Côté symphonique, d’autres surprises vous attendent.

L’opéra de Toulon dans sa programmation, 2026/2027, dessine un vaste mouvement, du merveilleux de l’enfance au vertige du grand répertoire. Une saison à savourer, alors à vos agendas !

Valmigot

Opéra de Toulon, 22, rue Pierre Semard 83000 Toulon

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