Le Rendez-vous des Etoiles, organisé par la Baraque, nous propose une sélection éclectique de spectacles, pièces de théâtre, comédies, et seuls-en-scène pour le Festival Off d’Avignon, du 4 au 25 juillet. Comme chaque année, l’objectif du Festival Off d’Avignon est de mettre en avant les compagnies indépendantes.

Parmi les spectacles déjà à l’affiche, certains se démarquent. Le Rendez-vous des Etoiles nous a notamment présenté « Chang’e et la Lune », une pièce du collectif Le Manège écrite par Clara Sardou et mise en scène par Sarah Zaher. Entre poésie, théâtre, danse et musique, la pièce est un conte, une réécriture d’un mythe chinois racontant l’histoire de Chang’e, la déesse de la Lune.
Après avoir suivi un astronaute dont elle était tombée amoureuse, Chang’e se retrouve coincée sur Terre et devient l’objet d’expériences et de fascination dans un laboratoire. Elle parvient à s’en échapper mais, problème : depuis qu’elle est sur Terre, Chang’e vieillit. Elle entreprend donc un long voyage vers le mont Kunlun pour rentrer chez elle, sur la Lune, voyage durant lequel Chang’e fera la rencontre de nombreux personnages drôles et touchants.
« Chang’e et la Lune » est une magnifique fable tout public à partir de six ans, adaptée aussi bien aux grands qu’aux petits, qui pose les questions de la manière de vivre le temps dans un monde obsédé par l’immortalité.
Une pièce de théâtre immersive magnifique soutenue par l’ADAMI, avec quatre comédiens sur scène, qui a lieu au Théâtre du Rempart à 18h00, avec une relâche les 9, 16 et 23 juillet.

Dans une autre veine, cette fois shakespearienne, cinq comédiennes revisitent le texte du grand dramaturge anglais dans leur pièce « Richard III », mise en scène par Laurent Domingos. A travers une esthétique électro, post-apocalyptique et baroque, la pièce revisite l’histoire de Richard, jeune frère du roi triomphant Edouard IV. Au lendemain de la Guerre des Deux-Roses, Richard, réputé comme étant laid, paralysé d’un bras et bossu, se sent rejeté par la vie de cour dans cette nouvelle ère de paix et ne supporte pas de vivre dans l’ombre de son frère.
Tous les moyens seront bons dans sa quête effrénée du pouvoir, entre complots, trahisons, alliances et meurtres, dans une scénographie exécutée par un artisan ferronnier.
Avec son interprétation exclusivement féminine, la pièce est un magnifique affront à l’époque du théâtre élisabéthain durant laquelle même les rôles de femmes étaient tenus par des hommes. C’est un moyen de se poser la question : « Le pouvoir est-il nécessairement masculin ? ».
« Richard III » sera joué au Théâtre du Roi René à 17h20, avec une relâche les 8, 15 et 22 juillet.

Entre thriller politique, pièce historique et fiction dramatique, « Kennedy, des hommes de courages » est une pièce de Pierre Azéma, Nicolas Kaplyn et Elise Ropert mise en scène par Pierre Huntzinger,qui explore le mystère entourant l’assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy. Deux comédiens, Pierre Azéma et Nicolas Kaplyn, incarnent quatre personnages de deux temporalités différentes : avant l’assassinat et après l’assassinat.
La scénographie à décors modulables et la mise en scène cinématographique nous plongent dans l’ambiance trouble de la période de la guerre froide et des Etats-Unis des années 60 en explorant la théorie la plus partagée de nos jours qui entends l’implication de la CIA et d’Allen Dulles dans le complot contre JFK.
Suspense, complots, trahisons et mystère, cette pièce haletante est un incontournable du festival et se tiendra au Théâtre Barretta à 20h30, avec une relâche les 8, 15 et 22 juillet.

Enfin, nous retenons aussi le seul-en-scène « Germinal », adaptation de l’oeuvre d’Emile Zola, adaptée et mise en scène par Clément Rivière. Il réécrit « Germinal » en une fable cruelle et poétique, interprétée par Mathieu Duboclard. L’oeuvre de Zola est revisitée avec une couche de fantastique, un monstre de fer et de charbon qui dévore les corps et les rêves, planant au-dessus de la pièce.
Oscillant entre visions, narration et incarnation, cette pièce pose une question on ne peut plus actuelle : qu’est-ce qui nous pousse à nous révolter ? Question à travers laquelle le personnage d’Etienne Lantier explore les thèmes de la mémoire ouvrière, de la révolte, de la dignité et de l’amour.
« Germinal » estégalement un coup de coeur du festival à ne absolument pas manquer, à voir à l’Espace Saint Martial à 10h00, avec une relâche les 5, 12 et 19 juillet.
Rendez-vous à présent à Avignon pour découvrir les spectacles qui feront vibrer la ville pour cette nouvelle édition du festival !

Elisa Camus
Festival Off d’Avignon du 4 au 25 juillet