Il y a des expositions qui bousculent nos certitudes et nous invitent à regarder le monde avec des yeux neufs. Au Grand Palais, Leandro Erlich nous offre une expérience sensorielle hors du commun, un véritable terrain de jeu immersif où la réalité se plie à notre imaginaire. Conçue comme un véritable jeu grandeur nature où le visiteur devient le pion sur le plateau, cette exposition est une invitation au voyage des sens, de l’orientation et de la vue. Que l’on soit un adulte ou un enfant, Leandro Erlich nous ramène à notre âme enfantine, proposant une expérience extra-sensorielle qui séduit tous les âges, des plus jeunes aux plus expérimentés.
Leandro Erlich, artiste argentin mondialement reconnu, joue avec nos perceptions depuis toujours. Le commissaire de l’exposition, Fabrice Bousteau, souligne d’ailleurs cette singularité : « Est-ce que l’on ne croit que ce que l’on voit ou est-ce que l’on ne voit que ce que l’on croit ? » Une question qui résonne avec une acuité particulière à notre époque, où l’image est omniprésente. Ici, le visiteur se retrouve comme sur le plateau d’un immense jeu de société, où chaque installation devient une parenthèse enchantée. On s’amuse, on se photographie sous tous les angles avec ses proches, et l’amusement atteint son apogée dans des décors plus vrais que nature qui gravent des souvenirs joyeux à jamais.
L’exposition ne se contente pas d’être spectaculaire. Elle porte aussi en elle une dimension politique et sociale profonde, portée par des pièces emblématiques. On y découvre l’histoire fascinante de l’obélisque de Buenos Aires, cette pointe « volée » par l’artiste en 2015 pour en révéler la vue panoramique au public. Une démarche qui illustre l’engagement de Leandro Erlich : valoriser socialement des espaces, transformer notre rapport à la ville et au monument.
Tout au long du parcours, les installations dialoguent. La « Maison terrassée » ou encore la nouvelle pièce inédite située dans l’escalier, démontrent la volonté de l’artiste de faire de l’ensemble de l’exposition une œuvre en soi. Comme le soulignait l’artiste lors de l’inauguration, c’est une aventure collective rendue possible grâce à une équipe immense, de Buenos Aires à l’Italie et la France, et une complicité ancienne avec son commissaire. En rendant hommage au grand maître argentin Julio Le Parc, l’exposition s’inscrit dans une lignée d’artistes argentins qui perçoivent la réalité avec une singularité qui leur est propre.
C’est une exposition totale, cinématographique, où chaque séquence surprend. Elle réussit le pari difficile de séduire toutes les générations, des enfants aux personnes âgées, au-delà des frontières et des cultures. Une exposition qui, assurément, transforme notre vision du réel.
Pélopia Maury
Du 2 juin au 6 septembre 2026
Grand Palais, 25 Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
ouvert du mardi au dimanche, de 9h30 à 20h, avec une nocturne le vendredi jusqu’à 22h30.