Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! C’est ce qu’on aurait justement pu penser lorsque Thomas Cheurlin nous a convié à sa dégustation de champagnes Vaucelle (« petite vallée » en vieux champenois) autour de six breuvages champanisés équilibrés, issus de son cru, celui de la Côte des Bar situé à Celles-sur-Ource dans l’Aube. Le lieu choisi : un établissement qui mérite tout autant de qualificatifs que son « vin effervescent ». En effet, nous avions rendez-vous à La bonne franquette, restaurant montmartrois des plus typiques qui soit, ancienne guinguette juchée au sommet de la Butte que le peintre Van Gogh immortalisa en 1886.
Présent parmi d’autres convives, entre autres des consœurs et confrères adeptes autant d’œnologie que de gastronomie, nous avons été accueillis par le maître « champenois » en personne, nous offrant d’entrée de jeu un verre de brut sans année, Les Vallons, en majorité de Pinot noir (70%) sur 30% de Chardonnay, histoire de nous mettre l’eau, pardon, quelques bulles à la bouche et afin de se mettre dans l’ambiance tour à tour festive et gastronomique dès le départ.
Ont suivi un blanc de blanc intitulé Terre nacrée (100% chardonnay), puis un blanc de noirs, Terre natale (100% Pinot noir dont 30% vieillissent un an en fût de chêne), accompagné juste après d’une « Cuvée des Ambassadeurs », la cuvée prestige millésimée et référence de la maison Cheurlin (qui existe tout de même depuis 1677 !), la crème de la crème raffinée composée de 80% de Pinot noir et 20% de Chardonnay. Ainsi goûté, il ne restait plus qu’à découvrir les deux derniers champagnes, le rosé nommé Le Suchot (100% Pinot noir, raisin issu de la parcelle) et le Terre de nuances (100% Pinot blanc), une cuvée éphémère donc limitée qui change tous les ans en fonction de la récolte et du travail de cuverie.
Passé « en revue » les présentations en bonne et due forme de chacun des différents champagnes Vaucelle sélectionnés et cités ci-dessus, il ne restait plus qu’à passer à table pour déguster à nouveau ses doux « nectars » accompagnés cette fois d’une entrée – un Tataki de thon -, d’un plat principal – un filet de veau normand aux girolles -, et d’un dessert – un sorbet citron-basilic-fraise. Pour varier les plaisirs, un Bourgogne Santenay – vieilles vignes 2023 (cépage Pinot noir) -nous a été servi en milieu du repas. Et pour couronner le tout, un ratafia de la maison Thomas Cheurlin clôturait ce festin autour d’un digestif des plus délicieux qui fut, une liqueur issue de chaque cuvée à base de moût de raisin (Pinot noir) et d’alcool, vieillie en dames-jeannes dans un endroit appelé le « Paradis » au sein de la Maison Cheurlin.
La liqueur de dosage maison, signature de Vaucelle
Depuis 2026, Thomas Cheurlin élabore ses propres liqueurs de dosage, selon des recettes confidentielles pensées pour respecter la personnalité de chaque vin. Vieillies en dames-jeannes dans le « Paradis » de la Maison, elles gagnent progressivement en complexité et en harmonie.
Cette démarche artisanale permet d’affiner l’équilibre du champagne, de prolonger son expression aromatique et de révéler son identité sans jamais la masquer. Une vision personnelle du dosage, fidèle à la tradition champenoise tout en ouvrant de nouveaux horizons.
Collection haut de gamme de six cuvées, élaborées exclusivement à partir des raisins de la propriété, les champagnes Vaucelle sont présents aussi bien au sein du ministère des Affaires étrangères qu’à l’Assemblée nationale et dans certaines ambassades étrangères. Un gage de réussite évident, assuré par un assemblage précis, des sélections parcellaires et de longs vieillissements qui révèlent les différentes expressions du terroir kimméridgien (approximativement de 154,8 millions à 149,2 millions d’années avant notre ère) et qui donnent ainsi naissance chaque année à plus de 300.00 bouteilles de champagne plein de puissance et de noblesse, pensées à la fois pour l’apéritif et pour la table. Raison de plus pour en profiter mais toujours avec modération, ça va de soi !
Christian Le Besnerais