Éric Turlot : quand les villes se mettent à vibrer en musique

Du 23 septembre au 10 octobre 2026, l’Espace Beaujon accueille « Vibrations urbaines », une exposition consacrée au peintre Éric Turlot. À travers ses visions nocturnes de Paris et New York, l’artiste invite le visiteur à entrer dans la ville par la lumière, le mouvement et la musique.

Peintre de la nuit, Éric Turlot est avant tout un peintre de la vie. Dans ses toiles, les villes semblent ne jamais dormir. Elles vibrent, scintillent, se reflètent et se transforment sous l’effet des lumières artificielles ou naturelles. Pourtant, l’être humain y reste souvent discret : silhouettes aperçues de dos, visages dissimulés sous un parapluie, personnages absorbés par leur propre cheminement.

Cette présence humaine en retrait est précisément ce qui permet au spectateur de prendre place dans les tableaux. La ville devient un territoire familier et mystérieux à la fois, un espace dans lequel chacun peut déambuler avec ses propres souvenirs, ses rêves et ses secrets. Comme le souligne Véronique Grange-Spahis, commissaire de l’exposition, ces paysages urbains ne sont jamais anxiogènes : ils dégagent au contraire une forme de sérénité et de poésie.

Paris et New York, deux villes, deux rythmes

Pour cette exposition, Éric Turlot a choisi de présenter deux métropoles qui occupent une place particulière dans son univers : Paris et New York. Deux villes, deux architectures, mais aussi deux écritures picturales.

À New York, les lignes droites, l’architecture Art déco et l’énergie du mouvement nourrissent une peinture plus rythmée.

Paris, avec ses immeubles et ses courbes héritées notamment de l’architecture du XIXe siècle, inspire une autre approche. Dans les deux cas, l’architecture devient un élément déterminant de la composition.

Mais au cœur de ces différences se trouve un même fil conducteur : la lumière. C’est elle qui guide le pinceau et le couteau de l’artiste et donne vie aux scènes représentées. Qu’elle apparaisse dans la nuit urbaine ou dans la douceur d’un paysage enneigé, la lumière transforme la ville en un espace presque musical.

Quand la peinture devient musique

Chez Éric Turlot, peinture et musique sont indissociables. L’artiste, qui est également jazzman, explique qu’une musique s’impose à lui pour chacune de ses toiles. Pour les paysages enneigés, il évoque les compositions minimalistes d’Erik Satie ; pour les villes en mouvement, c’est le jazz qui accompagne son geste pictural.

Cette relation entre les deux disciplines traverse tout son parcours. Formé aux Arts appliqués, à l’école Duperré, puis aux Beaux-Arts de Paris, Éric Turlot a d’abord travaillé pendant trente ans dans la communication, comme concepteur graphique et rédactionnel puis comme directeur de création. En 2005, il décide de se consacrer pleinement à son art. La rencontre avec la plasticienne Henryka Szurley, qui cherchait un artiste pour partager son atelier, contribue à cette décision.

Depuis, les expositions se sont multipliées en France, en Allemagne et aux États-Unis. Son parcours a également été distingué par plusieurs récompenses, notamment en 2009 par Arts Sciences & Lettres et le Mérite et Dévouement français, puis en 2014 par l’Institut Européen des Arts Contemporains.

Des « arrêts sur image » dans des villes en mouvement

La peinture d’Éric Turlot saisit des instants. Une rue illuminée, une silhouette solitaire, un paysage urbain sous la neige : autant de moments suspendus dans des métropoles pourtant caractérisées par leur agitation permanente.

Cette tension entre mouvement et immobilité constitue l’un des charmes de son travail. L’artiste se décrit lui-même comme un personnage solitaire au milieu de ses tableaux, tantôt jazzman, tantôt contemplatif. Ses œuvres deviennent alors autant de scènes que de partitions visuelles, où les lumières, les architectures et les silhouettes composent un rythme.

Des œuvres comme Effervescence, Clarté ? , NYC Traffic Jam, Jour de neige pour Alexandre ou So frozen illustrent cette recherche autour des atmosphères urbaines, de la neige et des vibrations de la ville.

Avec « Vibrations urbaines », Éric Turlot souhaite que le visiteur ne se contente pas de regarder ses tableaux, mais qu’il y entre véritablement par le regard et retrouve, à travers eux, le plaisir éprouvé par l’artiste au moment de les peindre. Une invitation à regarder autrement la ville, à ralentir et peut-être à entendre, derrière les images, la musique qui les accompagne.

Véronique Spahis, commissaire de l’exposition


Du 23 septembre au 10 octobre 2026


Espace Beaujon,
208, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris
Du lundi au samedi, de 10 h à 19 h


Vernissage : mercredi 23 septembre, de 18 h à 21 h