Holy destructors est un film documentaire lituanien réalisé par Aistė Žegulytė et qui a fait sa première mondiale à l’occasion de l’International Documentary Film Festival Amsterdam (Idfa) en 2025. Son film avait alors été reconnu pour son langage cinématographique particulier.

Holy destructors invite le spectateur à suivre le processus de restauration d’œuvres d’art jusqu’à ce qu’elles reprennent leur place dans l’église. Cela témoigne de la volonté des hommes de ralentir les affres du passage du temps qui détériorent les œuvres et les traces du passé. Aistė Žegulytė l’illustre avec les deux hommes d’église momifiés dont les vivants continuent à prendre soin même après leur mort pour qu’ils soient bien conservés et continuent à traverser le temps en bon état.
Holy destructors est un film documentaire entre destruction et restauration qui arrive à magnifier ce qui semble habituellement laid. Le développement de champignons et de moisissures, pas toujours visibles à l’œil nu, devient artistique et beau. Il devient même le symbole esthétique du message du film sur le passage du temps en ponctuant l’œuvre cinématographique comme un refrain. C’est l’image de cette fraise qu’on aurait oublié de manger et qui se dégrade progressivement sous l’objectif de la caméra. La beauté des champignons, c’est le paradoxe de trouver beau ce qui abime et détruit les traces du passé et l’œuvre d’art.
À la manière dont le développement des champignons microscopiques est observé grâce à un microscope, le film a été filmé comme si le spectateur observait tout depuis la lunette d’un microscope. La forme circulaire de l’image s’ajoute à l’esthétique des couleurs et des œuvres filmées, en reprenant parfaitement la forme d’un vitrail ou celle d’une boîte d’analyses scientifiques sur les prélèvements d’un tableau.
Cette lunette de microscope attire l’attention sur les détails et la minutie des gestes, comme celui de repasser sur de tout petits points de lumière au coin d’un œil peint avec un pinceau très fin. L’accentuation de la minutie du travail des restaurateurs d’art est aussi accompagnée par des moments de silences musicaux qui révèlent tous les sons du travail : celui du bruissement des vêtements lorsque la momie est habillée, ou celui du claquement des gants en élastique pour protéger les œuvres d’art qui sont manipulées.
Salomé Raucoule
Sortie en salle prévue le 27 mai 2026
Réalisatrice et scénariste : Aistė Žegulytė ; Productrices : Uljana Kim et Migla Butkute
Durée : 1h25
