Pour ses 20 ans, le salon SM’ART Life écrit un nouveau chapitre

Le salon SM’ART Life s’est tenu du 29 avril au 3 mai, à Aix-en-Provence, sous le signe du renouveau. Plus de cent exposants ont été accueillis au sein du Parc Jourdan, scindé en différents espaces pour l’occasion. Ils ont présenté des œuvres et objets d’arts à un public mêlant initiés, collectionneurs et curieux en quête de découverte. 

La promesse formulée par la nouvelle équipe du salon SM’ART Life a été tenue. Sous la houlette de Bernard Hennet, l’objectif était de rompre la frontière entre artiste et artisan, ainsi que de mettre en valeur le luxe sous différentes coutures.

Si ce regard neuf a impulsé une nouvelle dynamique, ce comité d’experts a tenu à conserver l’essence et l’identité du salon, forgées au fil des années. S’il n’a pas perdu en exigence, il a gagné en ouverture. Cette édition a été marquée par l’échange et le dialogue : entre les exposants et les visiteurs, mais aussi entre les productions et disciplines.

Un pont a notamment été créé entre art contemporain et automobile. Inca Pagny et Dimitri Gendre ont mis en avant une Bentley aux motifs chatoyants, devenue œuvre d’art.

Cet événement a recoupé des œuvres ambitieuses, réalisées tantôt par de nouvelles signatures prometteuses, tantôt par des figures confirmées tel que Daniel Castan -dont des tableaux sont proposés par CC Galerie

Un programme riche à la hauteur de la réputation du salon

Durant cinq jours, le public a pu déambuler dans les allées en se confrontant à l’art contemporain sous toutes ses formes. Incontournable au printemps pour les artistes et galeries, ce salon a aussi offert aux artisans d’art une vitrine pour valoriser leur travail.

Chaque passionné pouvait y trouver son compte : tableaux, sculptures, photographies, joaillerie, arts décoratifs ou encore véhicules d’exception étaient au rendez-vous.

                               

Des performances ont été réalisées sous les yeux médusés du public. À ce titre, les plus chanceux ont par exemple observé l’animation d’œuvres via QR Code par David Roland ou encore le live painting d’une Audi e-tron GT par François Noël.

Les amateurs d’automobiles ont aussi pu contempler la Ford GT40 ayant remporté pendant 6 ans les 24h du Mans. Il s’agit en réalité d’une réplique, mais ayant tout de même la carte grise d’une Shelby Daytona.

Une expérience teintée de partages

Derrière chaque création exposée, une émotion transparaît.

Dans le cas d’Elise Eifler, qui propose des sculptures en résine acrylique, il s’agit d’une ode au féminin sacré. L’artiste valorise à travers son travail les énergies féminines, souvent méprisées. Chaque pièce, nécessitant entre 8 mois et 1 an de travail, est incarnée et prénommée. À titre d’exemple, Ivy -qui signifie « lierre » en anglais, représente l’amour inconditionnel. À la manière de ce végétal qui prend racine partout, l’amour ne s’effrite jamais y compris dans les moments les plus durs et improbables.

Stéphanie Courrias se distingue quant à elle par la création de nounours sculptés. La forme ballon ainsi que l’esprit enfantin symbolisé par la peluche, font écho à une forme de réconfort. La sculptrice qui se dit guidée par son état d’âme, en réalise diverses déclinaisons.

L’émotion est aussi le leitmotiv de l’artiste aixoise Laureline, qui donne à voir des portraits et mondes imaginaires strassés.

D’autres créateurs ont fait de leur histoire personnelle le moteur de leurs œuvres.

Celles de Roberto Ziranu, forgeron sarde devenu artiste, en témoignent. Exposant pour la première fois en France, il dévoile son travail du fer martelé à froid, et chauffé au chalumeau. Derrière les queues de cétacés, une symbolique discrète mais toujours forte. En effet, dans une situation de souffrance, on sombre dans les abysses à l’image d’une baleine. Il faut toutefois remonter pour respirer et ainsi sortir la tête de l’eau, dans tous les sens du terme. 

Une mise en valeur des différentes facettes de l’art contemporain

Les stands donnant à voir des couleurs vives ne se comptent plus au salon SM’ART Life. Pourtant, cela n’est en aucun cas signe de redondance. Chaque artiste a sa technique et son univers. Si pour David Ferreira (Galerie 15), le concept de la tête à Toto est central ; pour Elmago il s’agit de faire honneur aux codes de la pop culture sous l’angle du « n’importe quoi ». 

Finalement, d’autres artistes surprennent agréablement en proposant des tons plus neutres, afin de rester en cohérence avec le fil conducteur de leurs réalisations.

Évoluant à la Chapelle d’Armentières (Nord), Gwendoline Aubert a traversé la France afin de faire connaître son travail à un public différent. Ses sculptures évoquent la force tranquille asiatique, que l’on peut retrouver tant chez un moine, qu’un yogi ou un danseur. Elle souligne l’importance de l’ajourage à l’arrière de la tête des personnages. Il y a là une invitation à se libérer de ses blessures, mais aussi à admettre l’existence de plusieurs vérités. Effectivement, selon que l’on se place de face ou de côté, notre rapport à la sculpture varie.

 

Si chaque exposant met en exergue une esthétique qui lui est sienne, tous ont à cœur de répondre à une forme d’exigence et de multiplier les rencontres. C’est cet esprit qui nourrit la réputation du salon SM’ART Life à Aix-en-Provence, depuis 20 ans déjà.

Rendez-vous l’année prochaine !

Clara Pégard