Pour lancer la saison 2026 des Extatiques, l’exposition « Sous l’Horizon » propose une expérience immersive où art, science et fiction se rencontrent. À travers un parcours sensoriel dans l’obscurité, quatre artistes invitent à découvrir autrement les mondes invisibles de l’océan.
L’exposition Sous l’Horizon s’installe du 3 avril au 26 avril dans un espace situé sous la Grande Arche. Habituellement fermé au public, ce lieu de 1000 mètres carrés devient le terrain d’une expérience immersive pensée par les commissaires Lauranne Germond et Sara Dufour, en collaboration avec COAL. Les artistes Antoine Bertin, Jérémie Brugidou, Shivay La Multiple et Ugo Schiavi y proposent un parcours qui mêle perception, recherche et imagination.

Une immersion progressive dans les profondeurs
Dès l’entrée, le visiteur change de rythme. Alors que l’extérieur reste marqué par le mouvement et le bruit, ici tout ralentit. Par groupes de huit personnes, munis d’un casque audio et d’une lampe torche, les visiteurs avancent lentement dans la pénombre. L’espace est calme, presque silencieux. Chacun se déplace avec attention, où seul bruit est le son diffusé dans les écouteurs.
Le texte de Mariette Navarro, porté par la voix d’Emily Loizeau, accompagne cette progression. La narration ne décrit pas simplement un décor : elle installe une ambiance et guide l’écoute. Tout au long du parcours, une ligne blanche tracée au sol sert de repère. Elle devient une ligne conductrice que les visiteurs suivent dans l’obscurité.
Plongée dans les sons et les formes
Le parcours débute par le travail d’Antoine Bertin, qui transforme en sons perceptibles la vie des micro-organismes marins. Ces petites formes de vie, essentielles à l’équilibre des océans, se font entendre à travers des vibrations qui rythment la progression des visiteurs. Peu à peu, les sons évoluent et évoquent le battement d’un cœur ou les mouvements d’un animal marin.




En avançant, le visiteur pénètre dans « La Zone de minuit » d’Ugo Schiavi, où l’obscurité devient totale. Les formes surgissent dans la pénombre, étranges et flottantes, comme si elles venaient d’un monde parallèle. Sculptures et images semblent évoluer dans un espace où passé, futur et mythologies se mêlent.





Lumières vivantes et espaces sacrés
Le parcours se poursuit avec Jérémie Brugidou, qui plonge le visiteur dans le monde de la bioluminescence. Dans l’obscurité, les micro-organismes diffusent une lumière produite par le vivant lui-même, sans l’aide du soleil. Ces lueurs semblent communiquer, attirer, repousser ou tromper, et révèlent une véritable « langue de l’océan ». Plus de trois quarts des espèces des grandes profondeurs utilisent cette lumière pour survivre, et le visiteur découvre ainsi un langage secret, écrit dans le noir par la nature elle-même.


La dernière étape de l’exposition est signée Shivay La Multiple. L’installation évoque une grotte sacrée, un espace protégé et enveloppant inspiré par Yemayá, déesse mère des océans. Ici, l’eau devient matière et mémoire. Le visiteur peut s’arrêter, ressentir et se reconnecter à ce que l’océan a laissé en nous : notre vulnérabilité, notre lien au vivant.


Cynthia Bellanger,
Jusqu’au 26 avril 2026
Paris La Défense, Salle des colonnes, 1 Parvis de la Défense, 92800 Puteaux
Ouvert du lundi au mercredi et dimanche de 10h à 19h30 et du jeudi au samedi de 10h à 20h
Réservation en ligne sur https://archie.parisladefense.com
Exposition interdite aux enfants de moins de 10 ans
