C’est un peu comme si on avait ouvert une fenêtre sur le Brésil en plein cœur de Paris. Jusqu’au 26 août, la Samaritaine accueille dans son Atrium un pop-up pas comme les autres, « Brésil à la Samaritaine – Bold Summer Edition ». Pas de simples présentoirs de maillots de bain ou de tongs : l’endroit a été pensé comme une véritable galerie sensorielle, un espace où la mode, le design, l’art et la gastronomie se mélangent pour raconter une autre histoire du Brésil, loin des clichés de la samba et du carnaval.


Impossible de passer à côté de ce pop-up qui frappe par sa scénographie. Lucio Fonseca et Jessica Castelari ont imaginé un décor qui puise dans le modernisme brésilien des années 40 à 60, cette période où Oscar Niemeyer dessinait des courbes qui semblaient défier la gravité et où le pays inventait une modernité bien à lui.
Les lignes sont nettes, les couleurs franches, mais on se sent tout de suite enveloppé par une certaine douceur de vivre. C’est là tout le caractère brésilien : une sophistication qui n’enlève rien à la décontraction.
En déambulant dans l’espace, on croise des lunettes sculpturales signées Lapima, des bijoux contemporains de VEHR et Venera, et les pièces légères de La Sirène ou Água de Coco qui fête cette année ses quarante ans. Mais ce serait une erreur de ne voir là qu’un simple coin mode.
La force de cette édition, c’est d’avoir su faire dialoguer les disciplines pour rendre compte d’un savoir-faire riche et complet dont l’artisanat est le maître-mot.






À côté des vêtements, on découvre les accessoires en bambou de Glorinha Paranaguá, qui tisse des liens entre artisanat traditionnel et design épuré, ou encore les porcelaines délicates de Lilian Malta, dont les formes d’une finesse fascinante semblent tout droit sorties d’un herbier imaginaire.


Et puis il y a l’art, justement. Pat Monteiro Leclercq, fondatrice de Bref Design Art, a été invitée à assurer le commissariat d’une sélection d’œuvres qui dialoguent avec l’héritage moderniste brésilien.
On s’arrête devant les pièces de Jay Boggo, qui brouille les frontières entre l’objet utilitaire et la sculpture et rend hommage au cacao, véritable objet de patrimoine brésilien. On se penche aussi volontiers sur l’installation au sol en vinyle créé tout spécialement pour l’occasion par Maritza Caneca, dont le travail multidisciplinaire gravite autour de la célèbre piscine de Niemeyer, cette architecture iconique où l’eau et le béton ne font qu’un.


Au-dessus de nos têtes, Pedro Yossef expose une volée d’oiseaux sculptés dans l’inox dans un geste épuré mais précis, à l’image du modernisme brésilien. Chaque pièce semble raconter une histoire, et c’est bien là le propos : au Brésil, le design n’est jamais simplement fonctionnel, il est toujours porteur d’un récit, d’une identité, d’un imaginaire.
Côté beauté et gastronomie, on retrouve des maisons historiques comme Phebo, fondée en 1930, et Granado, qui célèbre près de cent cinquante ans d’expertise botanique. Leurs parfums et savons embaument l’espace d’odeurs de plantes tropicales et de bois précieux qui, en un seul sens, encapsule toute une culture et un patrimoine. Et pour ceux qui auraient un petit creux, Dengo propose une plongée dans le cacao brésilien, avec une approche éthique.



Ce pop-up est particulier en ce qu’il nous fait sortir du système du magasin comme on le connaît. On déambule, on touche, on observe, on prend le temps. Et c’est exactement ce que la Samaritaine recherchait en proposant cette programmation estivale : offrir aux Parisiens et aux visiteurs du monde entier une pause dépaysante, une immersion totale dans une culture qui refuse de se laisser enfermer dans une seule case.
Il y a quelque chose de sincère dans la manière avec laquelle ce pop-up cherche à rendre visible ce que le Brésil a de plus authentique et créatif, à travers les matières premières, le savoir-faire et la lumière.
Le pari le plus réussi, c’est bien celui de faire exister une culture tout entière dans un espace éphémère, le temps d’un été, sans jamais tomber dans le cliché ou la carte postale.
Elisa Camus
du 3 juillet au 26 août 2026
La Samaritaine, 9 rue de la Monnaie, 75001 Paris
De 10h à 20h – Entrée libre